Le retrait belge d’Afghanistan aura lieu « avant l’été », confirme Ludivine Dedonder

Les trente pays de l’Otan ont décidé mercredi dernier d’entamer le 1er mai le retrait des près de 10.000 hommes et femmes engagés dans la mission Resolute Support (RSM) de formation de conseil et d’assistance aux forces de sécurité afghanes. Le président américain Joe Biden a pour sa part annoncé le retrait de toutes les troupes américaines d’Afghanistan d’ici le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, qui avaient provoqué l’intervention des Etats-Unis.

L’Allemagne est responsable de la zone nord de la mission RSM, en assurant le commandement régional baptisé « Training, Advice and Assist Command (TAAC) North ». Les effectifs allemands – quelque 1.100 militaires – sont complétés par des contingents venus d’une vingtaine pays, dont une septantaine de Belges.

Ce détachement en cours de relève est intégré dans une unité multinationale de « force protection » sous commandement néerlandais qui sécurise, sur une profondeur de plusieurs kilomètres, le périmètre du camp Marmal, l’aéroport de Mazar-i-Sharif (nord) utilisé par les troupes de la mission de l’Otan.

Le retrait des troupes, que l’Otan souhaite mener de façon coordonnée, a été évoqué lundi par les deux ministres lors d’un entretien bilatéral à Bruxelles, le premier du genre.

Selon Mme Dedonder, le contingent belge devrait, dans l’état actuel des choses, être rapatrié « avant cet été ».

Elle a précisé à l’agence Belga que l’armée belge enverrait toutefois un détachement supplémentaire sur place, pour préparer le retrait.

Les Pays-Bas ont pour leur part prévu de déployer, dès la fin du mois d’avril, un groupe d’environ 80 militaires – des fantassins – pour assurer la sécurité des installations de Mazar-i-Sharif.

« Je suis très heureuse que, malgré les circonstances défavorables, nous ayons pu tenir une réunion personnelle ici à Bruxelles. Cela témoigne de l’importance que nous attachons à nos amis, voisins et alliés », a affirmé Mme Kramp-Karrenbauer, citée par un communiqué conjoint.

« Nos forces armées sont déployées ensemble et s’appuient activement sur la coopération et les contacts étroits » qui se sont développés au fil des décennies. Ensemble, nous voulons placer l’UE et l’OTAN dans une position stable dans les processus stratégiques à venir », a-t-elle ajouté.

Les deux ministres ont également discuté du renforcement de la défense européenne dans les quatre « paniers » abordés dans le document d’orientation de la « boussole stratégique » en préparation au sein de l’UE (la gestion de crise, la résilience, les capacités et les partenariats).

Mmes Dedonder et Kramp-Karrenbauer ont aussi évoqué la coopération dans les projets menés dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP, mieux connue sous son acronyme anglais de Pesco) en matière de défense, en particulier dans les domaines médical et logistique, l’importance du processus de réflexion actuel de l’Otan et les liens avec la boussole stratégique pour éviter les doubles emplois et renforcer la coopération.

Elles ont enfin parlé des défis nationaux de modernisation de l’armée, notamment pour attirer de nouvelles recrues et les retenir; le développement d’un commandement cybernétique au sein de la Défense belge, et de la mise à jour de la « Vision stratégique » de 2016 annoncée par Mme Dedonder après son arrivée à la tête du département, en octobre dernier.