Le retour du loup, opportunité pour les régions d’installation
Un couple de loup s’est officiellement installé dans la région de Saint-Hubert depuis deux mois. Un autre couple a élu domicile dans la forêt d’Anlier, et la maison du tourisme Cap Sûre-Anlier mise sur la biodiversité et la beauté du massif forestier pour renforcer l’attractivité de la région.
Voilà deux mois qu’un couple de loups s’est officiellement établi dans la région de Saint-Hubert. Depuis, de nombreux passionnés cherchent à les apercevoir : « Ça serait peut-être fun de le voir une fois, mais peut-être pas trop près. Mais c’est toujours agréable de croiser un gibier en forêt. Alors le loup, ça serait un peu exceptionnel, oui », explique Renaud, un randonneur local.
Les visiteurs ne viennent pas seulement des environs. L’annonce a suscité un véritable engouement parmi les photographes et les naturalistes, qui ont un objectif : observer un loup de près : « On a des gens qui viennent parfois très loin, qui viennent parfois des Pays-Bas. Ces gens vont venir en forêt en se disant ‘on va les voir’. Mais non, ils ne les verront pas car les chances sont quasi nulles, et surtout ils auront perturbé les zones sensibles », se désole Thierry Petit, agent forestier au département de la Nature et des Forêts (DNF). « Il y a des gens qui vont camper à des endroits interdits et qui vont aller dans des zones vraiment sensibles, dans des zones de quiétude. Il y a des personnes qui vont marcher à travers tout sans respecter les consignes. Tout ça est interdit, tout ça est prévu par le code forestier. Il y a d’ailleurs des amendes qui sont prévues. »
Pourtant, les acteurs touristiques de la région y voient une véritable opportunité économique. Ces loups vont attirer du monde, c’est certain : « J’ai beaucoup de personnes qui viennent déjà pour faire des photos animalières parce qu’on a une région fort giboyeuse, surtout au moment du Brame du Cerf. Mais oui, je pense qu’il y a des gens qui vont venir s’ils savent qu’il y a des loups », se réjouit Luc Schyns, gérant d’un camping en périphérie de Saint-Hubert.
Plus au sud, un autre couple a choisi de vivre dans la forêt d’Anlier. En l’absence de grandes attractions touristiques dans la région, la maison du tourisme Cap Sûre-Anlier misait déjà sur la biodiversité et la beauté du massif forestier. La présence du loup représente un véritable atout : « Le loup fait rêver, il intrigue. Et donc, avec ce couple qui devrait créer une meute cette année, l’expérience et l’attractivité de la forêt d’Anlier sont renforcées. C’est vraiment sur ça qu’on va travailler au niveau communication à l’avenir », déclare Marie-Claude Marchal, responsable communication et image de la maison du tourisme Cap Sûre-Anlier.
Une satisfaction partagée par Gilles Vandeputte, un guide local qui organise des observations de gibier en forêt. Il prépare des visites spécialement dédiées à l’observation des loups : « Si on veut préserver le loup et même les autres animaux dans le coin, je pense qu’il faut vraiment y aller avec un cadre. C’est toujours mieux d’avoir un maximum de préparation, d’être bien entouré et d’être guidé par des spécialistes. »
Ainsi, le retour du loup dans ces régions constitue une excellente nouvelle touristique, à condition de l’exploiter de manière réfléchie.

