Belgique

Le rappeur Naps condamné à 7 ans de prison pour viol.

La Cour criminelle de Paris a déclaré Naps coupable de viol et l’a condamné à sept ans de prison, avec inscription au fichier des délinquants sexuels. À l’issue du procès, il a annoncé son intention de faire appel de la décision.


C’est à l’issue de plus de quatre heures de délibéré que la Cour criminelle de Paris, constituée de magistrats spécialisés, a rendu son verdict. Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, a été déclaré coupable de viol et condamné à sept ans d’emprisonnement. Il sera également inscrit au fichier des délinquants sexuels. La cour a suivi les réquisitions de la procureure générale, Sarah Cadeillan, en étant même plus sévère en demandant un mandat de dépôt, contrairement aux réquisitions qui plaidaient pour un mandat de dépôt différé.

À l’annonce de sa peine, Naps apparaît assommé, presque sans réaction, entouré de ses avocats et de sa femme, cette dernière en larmes. Fanny* (nom d’emprunt), quant à elle, s’effondre. Le poids de cinq années de procédure vient de lui tomber dessus. Elle ne cesse de pleurer à l’issue du verdict. La présidente Danièle Dionisi a tenu à souligner que Fanny « n’avait rien à gagner et qu’elle avait craint la médiatisation de cette affaire », lors de la lecture des motivations, rappelant qu’elle était demeurée constante dans ses déclarations. La cour a donc statué sur « l’absence de consentement » de la victime.

Face à une décision « qu’il ne comprend pas », Naps a décidé de faire appel. L’avocat de la partie civile a fait part du « soulagement » de sa cliente qui « se préparera » pour la procédure d’appel.

Quatrième et dernier jour d’audience pour Naps, accusé de viol. Le jour était consacré aux plaidoiries et aux réquisitions. La procureure générale a requis sept ans de prison contre le rappeur marseillais, une demande suivie par la cour. Naps était soutenu par sa famille et sa récente épouse pendant l’audience.

La journée s’est ouverte sur la plaidoirie de l’avocat de la plaignante, Maître Boué-Diacquenod, qui est arrivé avec la mine fatiguée d’une nuit écourtée, prêt à défendre sa cliente. À la question de savoir si Naps a violé, il déclare : « c’est soit oui, soit non. Soit vous acquittez monsieur Boukhobza, soit vous dites que ma cliente est une menteuse. » Il affirme : « Il n’y a pas de zones grises. »

Fanny explique qu’après une soirée dans une discothèque à Paris, elle et ses deux amies ont fait la fête avec Naps et son entourage jusqu’au petit matin. Elles ont fini avec l’artiste dans une chambre d’hôtel pour « un after », après avoir consommé alcool et protoxyde d’azote, sans aucune « connotation sexuelle », comme elle l’affirme. Fanny relate avoir été réveillée par une pénétration vaginale violente alors qu’elle dormait dans la chambre 436. Lors de sa déposition, elle a expliqué se réveiller avec Naps au-dessus d’elle et avoir croisé le regard de son amie Alice, témoin de la scène « comme si c’était un film ».

Malgré ce traumatisme – elle affirme souffrir de cauchemars et de syndrome post-traumatique – son avocat rappelle son « courage et sa détermination ». À la fin de sa plaidoirie, Fanny, émue, s’effondre avec pudeur, soutenue par la psychologue d’une association d’aide aux victimes.

Naps, quant à lui, conteste formellement les accusations. Il assure qu’il s’agissait d’un « plan à trois » avec Fanny et son amie Alice, tandis que Camille dormait dans cette petite chambre de 10 m². Une de ses avocates, Maître Orane Quenot, plaidera qu’il s’agissait d’ »une soirée géniale. » Naps a déclaré à plusieurs reprises : « jamais de la vie » il ne pourrait avoir de rapport avec une femme endormie et qu’il sait reconnaître le consentement d’une femme, affirmant que « tous les signaux étaient au vert. »

Deux versions se sont opposées durant le procès. La procureure, au terme de ces quatre jours d’audience, a affirmé avoir « l’intime conviction de la culpabilité de l’accusé ». Elle a soutenu que, contrairement à ce que prétend la défense, ce n’est pas du « parole contre parole », peignant le portrait d’un artiste « qui ne se pose pas la question de savoir si la jeune fille a vraiment envie d’avoir un rapport sexuel ou non. »

La procureure a souligné qu’une femme ne peut pas résister à Naps et conclut en demandant sept ans de réclusion criminelle pour viol « par surprise ».

La question de l’intentionnalité des faits est essentielle. Maître Nabil Boudi, l’un des avocats de Naps, affirme que « tout le monde ment et tout le monde dit la vérité. » Tour à tour, les avocats vont tenter de démonter les accusations portées contre leur client, en argumentant sur la soirée et l’interprétation des événements.

L’équipe défendant Naps va tenter de prouver que leur client n’a pas violé Fanny, âgée de 20 ans au moment des faits. Bien qu’ils n’accusent jamais Fanny de mentir, ils cherchent à démontrer la fausse déclaration. Les témoins, Alice et Camille, sont qualifiées de menteuses par Maître Perderau.

Maître Orane Quenot questionne : « Qui n’a jamais regretté une nuit avec un homme ou avec une femme, est-ce pour autant un viol ? ». Elle affirme que les lésions et l’ADN ne peuvent pas être datés et conclut que « ce dossier c’est un conflit de loyauté entre trois copines. »

Le point central pour la défense reste l’intentionnalité du viol. Nabil Boudi déclare : « je vais vous dire, pour moi, tout le monde dit la vérité dans ce dossier. » Il se tourne vers la cour pour poser la question de la conscience de Naps quant à la nature répréhensible de son acte.

La subtilité réside dans le fait que Naps n’a jamais nié le rapport sexuel. L’avocat de la défense finalise en soulignant l’honneur impliqué et précise que son client, qui était auparavant « tarpin serein », est désormais « liquéfié » et « tétanisé » avant d’entendre le verdict. À la fin de sa plaidoirie, Naps pleure pour la première fois, soutenu par sa femme.

Le verdict tombe après quatre heures de délibéré : Naps est reconnu coupable de viol. Cette nuit d’octobre 2021 à Paris, il a pénétré Fanny sans son consentement pendant son sommeil. La cour a ainsi statué sur « l’absence de consentement » de la victime. Naps est aussi mis en examen dans une affaire similaire survenue en 2024.