Belgique

Le Plan national « énergie-climat » de Belgique jugé insuffisant par l’UE

La Commission a publié son évaluation du Plan national  » énergie-climat  » (Pnec) remis par la Belgique, une version remaniée par rapport à celle de 2024, jugée insuffisante par la Commission. La Belgique a pour ambition d’atteindre 20,4 % de renouvelable dans sa consommation énergétique d’ici 2030, soit un objectif nettement inférieur aux demandes européennes.


La Commission a rendu publique son évaluation du Plan national « énergie-climat » (PNEC) soumis par la Belgique, une version révisée par rapport à celle de 2024, jugée insuffisante par la Commission. Ce dernier plan a été remis en octobre, avant que la Belgique ne se dirige vers Bélem au Brésil pour le Sommet sur le climat de la COP30. Les conclusions de la Commission sont encourageantes, mais indiquent qu’il reste des efforts à fournir.

Selon la Commission, avec ce plan mis à jour, la Belgique a augmenté son ambition par rapport à la version antérieure. Il convient de rappeler que ce plan climat (le PNEC) est obligatoire pour tous les États membres de l’Union européenne.

Parmi les observations formulées par la Commission, les points suivants ont été soulignés :

– Concernant les **énergies renouvelables**, tous les États membres doivent atteindre 33 % de renouvelables dans leur consommation énergétique d’ici 2030. Cependant, la Belgique vise un objectif de 20,4 % pour 2030, inférieur aux exigences européennes. Ainsi, la Belgique ne contribue pas suffisamment à l’effort collectif.

– La question des **subsides aux énergies fossiles** a également suscité des critiques. Bien que la Belgique ait présenté un plan détaillé des subsides attribués, elle n’a pas proposé de plan pour un retrait progressif de ces aides, ni mis en avant des mesures pour garantir une transition énergétique équitable.

– La Commission précise que la Belgique atteindra son objectif de réduction des **gaz à effet de serre** d’ici 2030, mais cela ne sera possible que grâce à un mécanisme de flexibilité et non par des politiques concrètes mises en place.

– Dans le domaine de l’**utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (UTCATF)**, la Belgique a généré des absorptions nettes représentant environ 0,4 % de ses émissions totales de gaz à effet de serre en 2022. Elle devrait dépasser son objectif UTCATF si le plan énergie-climat est correctement appliqué.

– La Belgique renforce sa **sécurité énergétique** en diversifiant ses approvisionnements en gaz, maintenant une consommation stable et explorant des alternatives telles que le nucléaire et l’hydrogène. Le pays travaille à améliorer la résilience de son système électrique, avec des initiatives comme l’extension des réacteurs nucléaires et l’exploration des petits réacteurs modulaires. À l’avenir, la Commission conseille à la Belgique d’accroître son soutien à la recherche et à l’innovation dans le domaine des technologies énergétiques propres pour stimuler la compétitivité et répondre à ses besoins énergétiques futurs.

La Commission européenne conclut son rapport par plusieurs recommandations à l’attention de la Belgique. Parmi elles, suivre attentivement les effets des politiques énoncées dans le plan sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en particulier pour le secteur des transports. Cela implique de diminuer la dépendance aux déplacements en voiture individuelle et de favoriser des modes de transport plus écologiques comme le rail et la navigation intérieure. La Commission souligne également l’importance de promouvoir l’électrification des véhicules de transport de passagers et logistiques lorsque le transport routier est nécessaire.

Grâce aux rapports nationaux des États membres (les PNEC mis à jour), l’Union européenne bénéficie désormais d’une vision plus claire des politiques nationales et des plans d’investissement pour 2030 en matière d’énergie et de climat.