Belgique

Le patronat flamand demande un saut d’index, syndicats et politique peu favorables.

Le Voka craint que ce soient les entreprises qui, in fine, doivent payer la facture de la crise car, en Belgique, les salaires sont automatiquement indexés sur base de l’inflation. La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) plaide pour une « approche multiple » et la mise en place d’un dialogue rapide avec les partenaires sociaux.


Le conflit au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix de l’énergie, ce qui pourrait engendrer une inflation plus élevée que prévu. Le Voka s’inquiète que la charge de cette crise soit supportée par les entreprises, car en Belgique, les salaires sont automatiquement indexés sur l’inflation. Cela signifie qu’un alignement des salaires sur le coût de la vie va augmenter les charges salariales des sociétés, selon l’organisation patronale. « Pour certaines entreprises et certains secteurs, ce choc serait trop important. »

**Le patronat flamand demande un saut d’index**

L’organisation patronale flamande réclame que lors de la prochaine indexation salariale, les deux premiers pour cent d’augmentation ne soient pas pris en compte. Les salaires sont indexés à des moments différents selon les secteurs (une fois par an, chaque trimestre, après dépassement de l’indice pivot…). Pour le Voka, ce saut d’index doit être appliqué par secteur lors de la prochaine indexation.

**Les syndicats critiquent la proposition**

La FGTB qualifie cette proposition de « dangereuse et imprudente » et appelle le gouvernement fédéral à « rejeter catégoriquement cette mesure ». « Il est inacceptable que, face à chaque crise, on revienne automatiquement à la même recette : réduire les salaires de ceux qui travaillent », déclare la CGSLB. De son côté, le syndicat chrétien (CSC) demande d’autres mesures, en arguant que l’index « a fait ses preuves en tant que repère lors de différentes crises ».

**La N-VA prend le signal « au sérieux »**

Sur X, le chef de groupe des nationalistes flamands à la Chambre, Axel Ronse, estime que : « le signal de nos employeurs selon lequel il est minuit moins cinq ne doit pas être pris à la légère. Une balance commerciale négative pour la quatrième année consécutive. La chimie et le secteur pharma souffrent. Nos entreprises évoluent dans un environnement de concurrence avec des coûts salariaux bruts et des tarifs de l’énergie plus élevés. Les conséquences possibles ? Mettre sur pause des investissements, mettre fin à des activités, … des pertes d’emplois. Prenez le signal de Frank Beckx au sérieux », a averti M. Ronse sur X.

**Anders soutient le Voka**

« Le signal de nos employeurs selon lequel il est minuit moins cinq ne doit pas être pris à la légère. Une balance commerciale négative pour la quatrième année consécutive. La chimie et le secteur pharma souffrent. Nos entreprises évoluent dans un environnement de concurrence avec des coûts salariaux bruts et des tarifs de l’énergie plus élevés. Les conséquences possibles ? Mettre sur pause des investissements, mettre fin à des activités, … des pertes d’emplois. Prenez le signal de Frank Beckx au sérieux », a averti M. Ronse sur X.

Le gouvernement De Wever a prévu deux plafonnements de l’indexation. Cette mesure est jugée insuffisante par les libéraux flamands, qui soulignent qu’elle est associée à une contribution de modération salariale des entreprises.

**Les autres partis s’opposent à l’idée**

Le PS a exprimé son opposition à la mesure : « L’index, ce n’est pas un bonus », a déclaré le chef de groupe à la Chambre, Pierre-Yves Dermagne. « C’est le minimum pour éviter que les gens s’appauvrissent quand les prix explosent. Avec la crise énergétique, les factures augmentent… aujourd’hui, faire le plein de sa voiture coûte plus de 100 euros. Les courses, le chauffage, tout monte. Supprimer ou affaiblir l’indexation, c’est demander aux familles de payer deux fois la crise : une fois lorsqu’ils s’acquittent de leurs factures et une autre sur leur fiche de paie », ajoute-t-il.

Derniers à réagir, les Engagés ont manifesté leur opposition. « L’indexation automatique des salaires est un pilier de notre modèle social. Face à la crise énergétique, c’est la première mesure de soutien pour les bas et moyens salaires », a fait remarquer le président, Yvan Verougstraete.

Avant lui, Vooruit et CD&V avaient déjà exprimé leur désaccord. Les libéraux francophones ont également affirmé que « le MR sera toujours du côté des gens qui travaillent. Dans le même temps, on doit baisser la fiscalité mais aussi remettre en cause certaines règles, nationales et européennes, qui entravent la vie des entrepreneurs », a expliqué le président Georges-Louis Bouchez.

Sur Instagram, le président de Vooruit, Conner Rousseau, a exprimé un non catégorique : « L’index est la meilleure protection contre les prix élevés de Trump et Poutine. Si les prix augmentent, les salaires doivent augmenter. C’est aussi simple que cela. Avec Vooruit au gouvernement, l’index est garanti. »

**La FEB pour une « approche multiple »**

De son côté, la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) plaide pour une « approche multiple » et la mise en place d’un dialogue rapide avec les partenaires sociaux. L’organisation patronale estime que répercuter le coût de ce choc énergétique uniquement sur les entreprises n’est « pas une option ».

La FEB souligne que le problème actuel est d’une telle ampleur qu’il ne peut être résolu par « une solution miracle unique ». La fédération prône une approche combinée, incluant une norme énergétique, des « mécanismes d’indexation adaptés » ou encore le système d’échange de quotas d’émission (ETS).

« Le choc énergétique se muera-t-il en choc de compétitivité ? Poser la question, c’est y répondre », avertit par ailleurs l’organisation patronale.

La FEB considère inacceptable de « répercuter simplement sur les entreprises les coûts du pic énergétique soudain ». Elle assure toutefois qu’il existe plusieurs « alternatives » pour absorber ce choc de compétitivité à venir et ses impacts négatifs.

Pour y parvenir, la fédération patronale appelle à l’instauration d’un « dialogue structuré et rapide » avec tous les partenaires concernés. « Ce n’est qu’ainsi que des solutions efficaces pourront être trouvées. Ne rien faire n’est désormais plus une option », conclut-elle.

**Groupe de travail**

Face à la hausse des prix de l’énergie, le gouvernement a décidé vendredi de créer un groupe de travail chargé de suivre la situation de près. À ce jour, il n’existe pas de consensus au sein de ce groupe concernant l’adoption de mesures.