Le monde hésite entre soutien et prudence après les frappes d’Israël et des États-Unis contre l’Iran.
La communauté internationale a réagi aux frappes américaines et israéliennes sur l’Iran avec des positions variées, ajustant leur réponse entre condamnation et soutien prudent. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a confirmé que des avions de combat britanniques sont « dans le ciel » ce samedi pour des « opérations défensives régionales coordonnées ».
Suite aux attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, la communauté internationale a réagi de manière disparate, oscillant entre l’argument de la « prévention » et la crainte d’un enchaînement incontrôlable. Des capitales alliées aux voix plus critiques, chacune ajuste sa position (condamnation, soutien mesuré, appels au calme), toutes étant animées par la même peur d’un embrasement régional.
À Moscou, Dmitri Medvedev (ancien président et actuel numéro deux du Conseil de sécurité) a dénoncé le « vrai visage » des États-Unis, affirmant que les négociations n’ont été qu’une « couverture ». Il a ainsi positionné cet événement dans un cadre politique familier au Kremlin, présentant l’Occident comme un acteur intrinsèquement trompeur, donc inapte en tant que médiateur.
Concernant les alliés occidentaux traditionnels, ils expriment un soutien à l’objectif sans toutefois masquer leur inquiétude face à une possible escalade. L’OTAN a indiqué « suivre avec attention les développements en Iran et dans la région », comme l’a affirmé, samedi, la porte-parole de l’organisation, Allison Hart.
L’Australie a clairement soutenu l’action américaine, considérant que l’Iran nucléaire constitue une menace pour la paix. De son côté, le Royaume-Uni a mis en avant son souhait d’éviter une « aggravation » qui pourrait mener à une guerre régionale, tout en renforçant ses « capacités défensives » et en protégeant ses ressortissants. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a également précisé que des avions de combat britanniques étaient « dans le ciel » pour des « opérations défensives régionales coordonnées visant à protéger notre peuple, nos intérêts et nos alliés ».
La France, quant à elle, souligne l’importance de protéger ses ressortissants et ses forces au Proche et Moyen-Orient, tout en admettant une « escalade militaire » et l’incertitude des jours à venir.
La Chine, de son côté, a exprimé sa « profonde préoccupation » suite aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, affirmant que « la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale » du pays « doivent être respectées ». Pékin a également appelé à un « arrêt immédiat » des opérations militaires pour « préserver la paix et la stabilité au Moyen-Orient ».
La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a jugé « périlleux » les « derniers développements au Moyen-Orient ». Elle n’a ni condamné ni soutenu les frappes, mais a déclaré que les programmes nucléaires et de missiles balistiques iraniens représentent une « menace sérieuse pour la sécurité mondiale ». L’UE a également imposé des sanctions contre l’Iran et soutenu les solutions diplomatiques sur la question nucléaire, tout en facilitant le départ des citoyens européens de la région.
En Europe du Nord, la Suède a appelé à la retenue et à un « retour immédiat » aux négociations, tout en pointe l’Iran comme en grande partie responsable de la dégradation sécuritaire. La Norvège a exprimé ses inquiétudes concernant un potentiel retour à la guerre au Moyen-Orient tout en mettant l’accent sur l’objectif d’empêcher une nucléarisation iranienne. Les Pays-Bas se positionnent également en faveur de la retenue, cherchant à prévenir une nouvelle escalade.
Au Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a prévenu que Beyrouth ne se laisserait pas « entraîner » dans une confrontation avec l’Iran, face aux rumeurs d’une possible implication du Hezbollah.
L’Union africaine a exhorté à la retenue et à un « dialogue urgent », en notant que la guerre pourrait avoir des conséquences indirectes sur l’énergie, la sécurité alimentaire et l’économie. Cela soulève des inquiétudes sur les impacts globaux d’un conflit qui pourrait être ressenti loin des zones de frappes.
Enfin, l’Ukraine a quant à elle dénoncé la « violence » du régime iranien, exprimant son soutien au peuple iranien. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué la « détermination » des États-Unis, considérant que cela donne une « chance » au peuple iranien. Prague, de son côté, a manifesté sa solidarité avec ses alliés, soulignant que le programme nucléaire de l’Iran constitue une menace pour l’Europe.
La Corée du Sud a également fait savoir qu’elle suit de près la situation tout en agissant pour assurer la sécurité de ses ressortissants en Iran, illustrant une réaction prudente pour préserver la stabilité.
Derrière toute cette multiplicité de retours, un point commun émerge : la peur d’un conflit qui pourrait rapidement dépasser les frappes initiales, provoquant des retombées militaires, la fermeture des espaces aériens et des chocs énergétiques.

