Le festival d’Angoulême annulé, les autrices créent « les fêtes interconnectées de la BD ».
Du 28 janvier au 1er février 2026, les « Fêtes interconnectées de la BD » sont organisées à Bruxelles et Mons, ainsi que dans d’autres villes françaises ou espagnoles. Anouk Ricard a accepté de dessiner bénévolement l’affiche des Fêtes interconnectées de la BD et a créé des mascottes appelées « Les Verpentes ».
Du 28 janvier au 1er février 2026, pendant les dates initialement prévues pour le festival d’Angoulême, se dérouleront les « Fêtes interconnectées de la BD » à Bruxelles et Mons, ainsi que dans d’autres villes françaises et espagnoles.
Ces différentes fêtes, organisées de manière autonome et sur la base du volontariat, reposent sur une Charte qui établit un socle commun pour rassembler les initiatives. On y découvre que : « Ce qui relie ces fêtes entre elles, c’est l’envie de renouveler nos façons de célébrer la BD, de valoriser celles et ceux qui la créent, la lisent et la font vivre, et de porter des valeurs communes d’inclusivité, de bienveillance et de justice sociale ».
L’objectif des « Fêtes interconnectées de la BD » n’est pas de remplacer le festival, mais de servir de laboratoire pour « réfléchir à un nouveau festival éthique et solidaire », comme l’expliquent Alix Garin et Marie Baurins, autrices, dans un communiqué de presse.
À l’origine de ces Fêtes interconnectées de la BD, on trouve une organisation nommée « Girlxcott ». Tout a commencé avec la signature d’une tribune par 285 autrices. Elles ont rédigé un texte indiquant que, selon elles, « le festival d’Angoulême n’est toujours pas à la hauteur, que ce soit sur les questions de violences sexistes, sexuelles, racistes, validistes et LGBTphobes ».
Elles ont alors annoncé un « girlcott », un terme dérivé du mot boycott, remplaçant « boy » par « girl ». Malgré l’origine du mot qui ne se rapporte pas au genre, ce choix souligne le fait que sans elles : « aucun album, aucun prix, aucun marché, aucun festival ». Le « x » de « Girlxcott » symbolise la lutte de centaines d’autrices et de professionnels de la BD pour leurs droits et contre les violences sexistes ainsi que les inégalités de pouvoir dans le milieu.
Le programme des Fêtes permettra à chaque ville, collectif ou groupe d’artistes d’imaginer leur événement. L’offre sera variée, incluant des expositions, des concerts dessinés, des ateliers pour enfants, ainsi que des tables rondes pour aborder des problématiques comme la précarité dans le métier, la crise du marché ou le sexisme.
À Bruxelles et Mons, divers événements seront proposés. À Bruxelles, le programme inclura des expositions, une bibliothèque et une table de vente, des ateliers et des tables rondes. Les vitrines des librairies afficheront les couleurs du mouvement « Girlxcott ». À Mons, l’accent sera mis sur la BD alternative et les fanzines, avec des ateliers fanzines et une exposition du fanzine Girlxcott.
Anouk Ricard, lauréate du Grand Prix de la ville d’Angoulême l’an dernier, a bénéficié d’une exposition prestigieuse cette année, mais elle a été l’une des premières à appeler au boycott de l’édition 2026. Elle a également accepté de concevoir bénévolement l’affiche des Fêtes interconnectées de la BD et a créé les mascottes appelées « Les Verpentes », des personnages mi-ver, mi-serpent, « pour transformer les déchets en terreau fertile, des serpents pour célébrer la mue et le renouveau ».

