Le collectif des travailleurs sans-papiers réclame un accès légal au marché de l’emploi

Dans son édition du 11 octobre, le quotidien rapportait qu’une proportion importante de livreurs de repas à Bruxelles sont aujourd’hui des sans-papiers venus généralement d’Afrique du Nord et de l’Ouest, d’Amérique du Sud, du Pakistan, de Syrie ou encore d’Afghanistan.

Reconnaissant que le statut de l’économie collaborative entré en vigueur en 2018 a facilité le développement du travail illégal sur les plateformes, le ministre de l’Économie, Pierre-Yves Dermagne, a annoncé une révision de cette loi d’ici à la fin de l’année.

Les syndicats plaident quant à eux pour un statut de salarié en faveur des livreurs.

« Le souci de ces revendications est que, si elles pointent à juste titre les conditions de travail déplorables dans l’économie de plateforme et le manque de protection sociale dans ce secteur, elles font cruellement l’impasse sur les conditions de survie dans lesquelles les travailleurs sans-papiers sont placés de manière structurelle et le risque d’asphyxie économique auquel ils seraient réduits s’ils venaient à perdre les débouchés – même médiocres – que leur offrent aujourd’hui les plateformes », analyse le porte-parole du CTSP.

Le collectif dit aussi constater que les révélations médiatiques autour de l’enquête du Soir ont généré des effets de répression policière accrue et l’induction de logiques de sécurisation par la seule perspective d’une amélioration des conditions de travail des sans-papiers.

S’inscrivant dans l’objectif global de l’Union européenne de lutter contre la migration illégale et d’encourager la migration légale, la « directive sanctions » (2009/52/EC), transposée dans la loi belge, interdit l’emploi des migrants en situation irrégulière et vise à mieux protéger les droits des travailleurs en situation irrégulière. Ceux-ci peuvent dès lors se pourvoir en justice.

« Cette directive n’offre une promesse de déjouer – temporairement, le temps de la plainte – le piège de la clandestinité dans lequel les travailleurs sans-papiers se retrouvent coincés, qu’à la condition qu’ils se livrent à des pratiques de délation à l’encontre de leur employeur », ajoute le porte-parole du CTSP.

« Il importe de poursuivre le travail de fond en faveur de l’accès de ces travailleurs au marché du travail légal dans la continuité des revendications des collectifs de sans-papiers », conclut son communiqué.