Belgique

Le Centre Jean Gol exclu de la Foire du Livre : Alain Gerlache dénonce « capitulation et censure »

Le président de la Foire du Livre, Tanguy Roosen, a justifié l’exclusion du Centre Jean Gol par « un risque de débordements », en s’appuyant sur des études de risques. Philippe Close, bourgmestre PS, a affirmé dans Le Soir n’avoir « signé aucun avis négatif » sur la venue du Centre Jean Gol.

Des tensions émergent autour de l’exclusion du Centre Jean Gol lors de la 55e édition de la Foire du Livre. Le président de l’événement, Tanguy Roosen, a expliqué sur les ondes de la RTBF que cette décision était motivée par « un risque de débordements« , soutenue par une étude de risques et des renseignements généraux. Il a également rappelé les manifestations violentes qui ont eu lieu ces dernières années concernant des événements associés au Centre Jean Gol ou à la présence du président du Mouvement Réformateur (MR), Georges-Louis Bouchez, à Liège ou à Saint-Gilles.

Dans le quotidien Le Soir, Philippe Close, bourgmestre PS et président de la zone de police où se déroule la Foire, a déclaré n’avoir « signé aucun avis négatif » concernant la participation du Centre Jean Gol. Cela alimente les accusations de censure politique du MR, dont le président a déjà pris contact avec les autres dirigeants de partis, lancé une pétition pour la défense de la liberté d’expression, et prépare des actions en justice ainsi qu’une intervention devant la Commission du Pacte culturel.

La Foire du Livre de Bruxelles, le 15 mars 2025. © BELGA PHOTO – NICOLAS MAETERLINCK

Le prétexte de la sécurité avancé pour justifier une censure du Centre Jean Gol à la Foire du Livre ?

Le journaliste Alain Gerlache, ancien porte-parole du Premier ministre libéral Guy Verhofstadt, a souligné que « quelles que soient les opinions sur la ligne du MR, il n’a jamais été condamné pour ses propos politiques, il n’y a pas de cordon sanitaire, il n’y a aucune base pour dire que les idées du MR ne peuvent pas s’exprimer dans une Foire du Livre« . Le Centre Jean Gol participe à cet événement depuis près de vingt ans.

Il estime que les organisateurs ont cédé devant la menace potentielle de groupes violents susceptibles de venir troubler la Foire : « C’est une forme de capitulation et de censure. La Foire s’abrite derrière cette menace et sous-traite la censure à des groupuscules extérieurs qui décident de qui peut s’exprimer et qui ne le peut pas. On comprend les inquiétudes, mais c’est à la Foire du Livre que la diversité des idées devrait pouvoir s’exprimer. Il faut réaffirmer les principes et tenir bon« .

Isolde Van den Eynde ajoute que « la sécurité est une fois de plus utilisée comme prétexte » pour justifier ce qu’elle considère comme une censure idéologique. Elle critique également l’incapacité de l’État à gérer ces perturbateurs potentiels, en affirmant que « s’il n’arrive pas à prévoir une sécurité pour organiser des événements culturels dans notre capitale, c’est une grande faiblesse« .

Une utilisation politique dans le cadre de la « guerre culturelle » de Georges-Louis Bouchez ?

Alain Gerlache met cependant en garde contre « l’instrumentalisation de cette affaire » par Georges-Louis Bouchez, qu’il accuse d’ »utiliser cette exclusion dans un but politique« .

Il ajoute que « s’exprimer sur les faits ne signifie pas adhérer à la manière dont cela est exploité politiquement« , notamment dans le cadre de « la guerre culturelle que mène Georges-Louis Bouchez, en particulier contre des médias publics qui ne sont pas directement concernés« .

Retrouvez l’intégralité de ce débat dans le podcast de Matin Première en lien ci-dessus.