Le cardinal De Kesel: « Si le fossé entre riches et pauvres devient trop grand, il constitue également une menace pour la société elle-même »

Belgique

Nous ne pouvons pas rester aveugles face à la pauvreté croissante en Belgique et en Europe occidentale, a déclaré mardi le cardinal Jozef De Kesel lors de la messe de minuit en la cathédrale Saint-Rombaut à Malines. Les cas de pauvreté infantile sont encore plus douloureux, a-t-il ajouté. Dans son homélie, le cardinal a constaté qu’un grand nombre de personnes, « plus que nous le pensions », s’inquiète pour atteindre la fin du mois en raison de problèmes financiers. Près de 16% de la population belge appartient à un groupe présentant un risque de pauvreté, a-t-il poursuivi, précisant que cette situation « affecte la dignité d’une personne ».

« Si le fossé entre riches et pauvres devient trop grand, il constitue également une menace pour la société elle-même », a-t-il jugé. « La justice ainsi que la répartition équitable des revenus et des biens constituent la base réelle de la compréhension entre les peuples et de la paix dans ce monde. »

Selon le cardinal, même si le mot « sauveur » n’est plus souvent utilisé, la profonde conviction qu’un changement est possible vit malgré tout en chaque être humain, croyant ou non. « Nous sommes plutôt sur nos gardes chaque fois qu’un dirigeant quelconque ou une idéologie prétendent s’imposer comme solution à tous nos problèmes. Mais en même temps, c’est un mot que nous ne parvenons pas à oublier. Car au plus profond de nous-mêmes vit un désir très fort, souvent même pas exprimé, de quelque chose ou quelqu’un qui peut vraiment nous sauver. »

Il n’est pas possible que la pauvreté et l’injustice, la guerre et la violence, la haine et le manque d’amour soient les forces qui continuent de tout dominer, a-t-il encore souligné. « ‘Aujourd’hui, un sauveur vous est né’. C’est le message de Noël. Un sauveur qui nous délivre avant tout de l’indifférence et de l’autosuffisance. »