Belgique

Le Belgica, arrêté depuis 18 mois, va retrouver l’activité.

Le RV Belgica II a été lancé en 2020 et a été baptisé deux ans plus tard. Depuis le premier février, il est en cale sèche pour une durée de deux semaines pour entretien et réparations.


Le RV Belgica II, lancé en 2020 et baptisé deux ans plus tard, mesure plus de 70 mètres et pèse près de 3700 tonnes. Ce navire de recherche, doté des technologies les plus avancées, sert de laboratoire flottant. Sa propriété est partagée entre l’Institut royal des sciences naturelles et la Défense, qui fournit trois officiers responsables du commandement. L’équipage est constitué par l’exploitant français Genavir. Toutefois, cette gestion conjointe a engendré des complications en 2024.

La société française en charge du navire fait face à un équipage letton. Il y a près de deux ans, le gouvernement fédéral a révoqué la licence de Genavir en raison d’un contrat de travail selon la législation lettone, jugé comme une forme de dumping social. Ce retrait a entraîné divers problèmes techniques non résolus. Genavir a alors résilié unilatéralement le contrat et poursuivi en justice le gouvernement fédéral belge, laissant le Belgica à quai à Zeebruges. Depuis, des changements de ministres en Belgique et la nomination d’un nouveau directeur chez Genavir ont permis de parvenir à un accord en novembre dernier, autorisant le navire à reprendre la mer.

Le Belgica, à l’instar d’une voiture qui doit être remise en état après une longue immobilisation, nécessite également un entretien après une période prolongée sans navigation. Depuis le 1er février, il est en cale sèche pour une durée de deux semaines. Michel Van Camp, directeur de l’Institut des sciences naturelles, explique : « Même si le navire avait continué à naviguer normalement, c’est un entretien qui devait avoir lieu. Mais comme il est resté à quai pendant près de deux ans, il y a beaucoup plus d’organismes marins qui ont poussé sur la coque. Il y a aussi quelques problèmes de garantie, puisque c’est un navire tout neuf, et on profite de cette période de cale sèche pour les régler. » Toutes les opérations de maintenance et de réparation devraient être terminées d’ici mi-mars, permettant au Belgica de reprendre ses missions, avec un carnet de réservations complet pour cette année.

Avec sa mise à jour actuelle, le Belgica devrait naviguer plus fréquemment qu’auparavant, avec 240 jours de navigation prévus, soit 80 de plus que lors de ses précédentes activités. Environ une centaine de jours seront réservés par la Défense, car le navire, en tant qu’auxiliaire, sera également utilisé pour la formation des équipages de la Marine.

Le reste du temps, des scientifiques de différentes universités et de l’Institut des sciences naturelles effectueront des rotations à bord. Le Belgica, capable de rester 30 jours en mer, peut accueillir 28 scientifiques dans des conditions très strictes. Michel Van Camp précise : « Nous avons de nombreuses missions voulues par la loi, comme l’impact des éoliennes en Mer du Nord, celui de l’extraction du sable ou du rejet des boues de dragage. De nombreux chercheurs de l’université de Gand, qui a une composante marine majeure, ainsi que celle de Liège, sont impliqués. Nous avons également des collègues internationaux et de nombreuses demandes de l’étranger, car c’est un navire capable d’aller en été en eaux arctiques. »

Après une carrière tumultueuse, le Belgica est enfin prêt à remplir ses missions et à rentabiliser un investissement de 54 millions d’euros.