L’avenir du groupe Carrefour dévoilé aujourd’hui : la Belgique incluse ?
Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, a annoncé que le groupe poursuivra sa transformation en se recentrant sur ses trois pays cœurs : la France, l’Espagne et le Brésil, abandonnant ainsi l’idée d’être un acteur intégré mondial. La Belgique, bien que représentant un marché historique avec environ 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ne figure pas parmi ces pays cœurs, ce qui pourrait indiquer un changement de stratégie pour le groupe.
Ce qui se dessine pour l’un des principaux groupes de distribution au monde est un tournant stratégique. Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, s’apprête à révéler les axes de développement de son entreprise jusqu’en 2029. Il a affirmé que le projet sera à la fois radical et ambitieux. Pour saisir les enjeux, il est essentiel de prendre conscience de l’évolution de l’entreprise et de sa nouvelle orientation.
Évolution de Carrefour en dix ans
Alexandre Bompard a pris la direction de Carrefour en 2017. Aujourd’hui, le groupe possède 15 000 magasins dans 50 pays, majoritairement en franchise, et emploie 300 000 personnes. En presque dix ans, Carrefour a métamorphosé son modèle : d’une structure intégrée, il est passé à un modèle hybride, alliant magasins propres et franchises, ainsi que des magasins gérés par des locataires (une variante de la franchise où le distributeur demeure propriétaire du fonds de commerce). La franchise est la stratégie choisie par Carrefour pour sa croissance, notamment en Afrique, où le groupe s’est implanté au Maroc, en Égypte et en Éthiopie.
Quelle est donc la direction à prendre ? Il est important de garder à l’esprit une double stratégie qui éclairera les annonces faites le 18 février lors de la présentation du plan stratégique :
- Un retour à la gestion intégrée des magasins dans six pays en Europe et en Amérique latine : France, Espagne, Belgique, Pologne, Brésil et Argentine.
- Un développement accru de la franchise dans le reste du monde, en particulier en Afrique ces derniers mois.
Actions significatives pour un tournant
Que signifie le terme « retour » dans l’univers intégré ? Carrefour a réalisé trois opérations majeures au cours des douze derniers mois :
- En juillet, le groupe a vendu son marché en Italie, en raison d’un manque de croissance et d’une concurrence trop forte.
- Il a acquis 100 % de sa filiale brésilienne, le Brésil étant son deuxième marché après la France et son principal moteur de croissance.
- Enfin, cette année, Carrefour s’apprête à céder ses activités en Roumanie.
Ces actions ont amené le PDG de Carrefour à déclarer : « Après les mouvements majeurs réalisés ces 12 derniers mois, notamment le rachat des minoritaires de Carrefour Brésil et la cession de Carrefour Italie, le groupe poursuit sa transformation et son recentrage sur ses trois pays cœurs : la France, l’Espagne et le Brésil. C’est dans cette dynamique que nous présenterons les grands axes de notre nouveau plan stratégique. »
Carrefour abandonne l’objectif d’être un acteur intégré au niveau mondial pour devenir un groupe régional puissant, axé sur ses marchés les plus rentables, excluant désormais la Pologne et l’Argentine, qui sont également en vente. Au total, ces retraits pourraient entraîner une perte de plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais amélioreront significativement la rentabilité.
Quelle place pour la Belgique ?
À ce stade, le pays n’est pas mentionné. Comme vous, vous avez compris que la Belgique n’est pas incluse dans les trois pays cœurs, chers à Bompard. Faut-il s’en préoccuper ?
La Belgique est un marché historique pour Carrefour, avec environ 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Cependant, la situation belge présente des particularités. La filiale s’est redressée ces dernières années et continue d’afficher une amélioration, comme le montrent les derniers résultats publiés hier. De plus, une grande partie de son réseau fonctionne déjà en franchise, ce qui correspond au modèle que Carrefour privilégie maintenant à l’international. Ce statut hybride peut jouer en sa faveur.
Cependant, le fait que Bompard ne cite pas la Belgique parmi les pays prioritaires envoie un signal : le pays n’est plus au centre du projet industriel du groupe. Cela alimente les spéculations.
Le magazine Trends évoque trois scénarios possibles : une vente pure et simple, un accroissement du nombre de franchises, ou une restructuration touchant peut-être les hypermarchés peu rentables pour le groupe.
Ainsi, des incertitudes demeurent concernant la Belgique, mais la stratégie de Carrefour apparaît claire : réduire son périmètre pour renforcer sa performance.

