La vie après 60 ans : peu de Belges ne s’y préparent.
Seul un senior sur cinq a déjà entrepris des démarches pour se préparer à l’avenir, selon le Baromètre triennal de la Fondation Roi Baudouin basé sur une enquête menée à l’automne 2025 auprès de 2000 personnes âgées non dépendantes. De plus, 82% des seniors n’envisagent jamais de déménager, ou seulement en dernier recours.
Suivre sa santé pour rester en forme, renforcer son réseau social, déménager vers un logement plus adapté, préparer concrètement sa retraite, planifier ses soins, réfléchir à un testament… Un senior sur cinq a déjà entrepris de telles démarches en vue de l’avenir. Cette information provient du Baromètre triennal de la Fondation Roi Baudouin, élaboré à partir d’une enquête réalisée à l’automne 2025 auprès de 2000 personnes âgées non dépendantes. Les seniors bénéficiant d’un faible soutien social, peu diplômés, ou n’ayant aucun contact avec des personnes dépendantes sont moins enclins à se préparer concrètement.
### Rester chez soi, coûte que coûte
Les personnes de plus de 60 ans tiennent à leur domicile et désirent y rester le plus longtemps possible, même s’il ne correspond plus à leurs besoins. Le Baromètre révèle une forte préférence émotionnelle pour continuer à vivre dans son logement actuel. Cependant, cette volonté se heurte à la réalité : 82% des seniors n’envisagent jamais de déménager, ou seulement en dernier recours. Pourtant, près de 30% d’entre eux vivent dans un logement devenu trop grand, et beaucoup se trouvent dans des conditions peu adaptées pour les années à venir.
La disposition à déménager diminue fortement avec l’âge : 31% des 60-64 ans sont ouverts à l’idée d’un déménagement, contre seulement 7% des 75-84 ans. Au-delà de 75 ans, beaucoup éprouvent des difficultés à envisager un autre type de logement. Néanmoins, les seniors semblent réceptifs aux informations et aux conseils : 67% des répondants estiment que des informations claires les aideraient à prendre des décisions réfléchies concernant leur logement futur.
### L’anxiété croissante de la dépendance
« Nous constatons que les choix en matière de logement sont souvent posés trop tard. Le logement et les soins devraient être beaucoup plus étroitement liés, surtout face au vieillissement de la population et à la pression sur les soins de santé et sur le marché immobilier. La planification des soins doit donc aller de pair avec celle du logement. Il y a encore un réel potentiel pour développer un continuum de solutions de logement, telles que des logements individuels adaptés ou des formes de logement alternatives », explique Elise Gabriels, coordinatrice de projets à la Fondation Roi Baudouin.
La moitié des personnes craint de devenir dépendantes. Cette proportion (49%) a considérablement augmenté par rapport aux éditions précédentes du Baromètre en 2022 (39%) et 2020 (41%). Le score moyen d’anxiété s’élève à 6,9 sur 10, en nette hausse par rapport à 2022 (6,3) et 2020 (6,5).
### Penser à l’avenir dès aujourd’hui
« Cette peur croissante pourrait en partie être atténuée grâce à un accompagnement approprié », souligne Elise Gabriels. « Bien s’informer permet de rester maître de son avenir et procure un sentiment de sérénité et de contrôle ». C’est à ce titre que la Fondation Roi Baudouin, en collaboration avec Notaire.be, lance le guide « Penser à l’avenir dès aujourd’hui ». Cette brochure offre des informations claires sur des thèmes essentiels tels que le logement, les soins et la succession, et propose des outils concrets pour engager le dialogue avec la famille et des professionnels.
« Réfléchir à l’avenir à temps est essentiel », insiste Elise Gabriels. « On remet parfois à plus tard les décisions qui concernent son avenir, jusqu’au moment où il est trop tard. Par exemple, une personne peut souhaiter organiser ses affaires financières, mais se retrouver soudainement dans l’impossibilité de vendre son logement à la suite d’un accident ou d’une démence, sans l’intervention d’un juge de paix. Il est possible d’anticiper ce genre de situation en établissant un mandat de protection extrajudiciaire, mais il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard. »
### L’importance cruciale des liens sociaux
Les liens sociaux peuvent également aider à confronter la peur grandissante de l’avenir. Un senior sur cinq (21%) présente un risque accru d’isolement social. Trois sur dix affirment qu’en cas de maladie, il leur serait difficile de trouver de l’aide ou qu’ils n’ont personne avec qui partager un moment de détente. Par ailleurs, 21% se sentent seuls avec leurs inquiétudes ou leurs peurs, et 17% n’ont personne à qui demander un conseil personnel.
Le Baromètre préconise de renforcer les quartiers animés, de créer des lieux de rencontre accessibles et de développer des réseaux locaux solides. La cohésion sociale est en effet primordiale : elle contribue non seulement au bien-être, mais joue aussi un rôle préventif en matière d’aide et de soins, et participe à l’édification d’une société en meilleure santé.
### Rester maître de ses choix
« Nous aspirons à un système d’aide et de soins qui permette à chacun, prestataire comme bénéficiaire, de rester maître de ses choix », affirme Sofie Bekaert, responsable du Programme Santé à la Fondation Roi Baudouin. « Nos actions s’appuient systématiquement sur ce qui compte réellement pour les personnes concernées. Dans cette perspective, le Baromètre constitue une boussole très utile ».
À noter que le score moyen de bonheur des personnes de plus de 60 ans s’élève à 7,4 sur 10, ce qui est une bonne nouvelle.

