Belgique

La tempête Goretti : chaos et harmonie coexistent

En janvier, la dépression de tempête nommée Goretti a enregistré des rafales de 70 à 95 km/h dans certaines régions, avec une pointe à 213 km/h à Barfleur jeudi soir vers 23 heures. Le département de la Manche a été placé en vigilance « rouge » pour des vents violents, alors que des rafales de 140-160 km/h ont été mesurées sur une grande partie du littoral normand et breton.


Ce début janvier a été marqué par le passage de la dépression tempête nommée Goretti. Avant de quitter nos régions vendredi en fin de journée, Goretti a engendré des rafales de vent variant entre 70 et 95 km/h dans notre petit territoire, qui, paradoxalement, a échappé aux vents les plus forts. Pendant ce temps, une pointe à 213 km/h a été observée à Barfleur, un port de pêche face à la Manche, jeudi soir vers 23 heures.

### Des chiffres impressionnants

Pour les météorologues, tant professionnels qu’amateurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes : cette véritable bombe météorologique s’est creusée rapidement, passant de 1010 hPa au-dessus de la France à 970 hPa au-dessus de la Manche en moins de 24 heures.

Pour illustrer cela simplement : imaginez une baignoire pleine d’eau, où la surface est tranquille (nous sommes à 1010 hPa pour cette analogie). Soudain, vous laissez échapper l’eau : celle-ci tourbillonne instantanément, la pression chute à 970 hPa, et un vortex puissant se forme, aspirant tout autour. Les vents et les eaux se déchaînent, comme si vous aviez créé un « petit Goretti » dans votre baignoire.

Le département de la Manche a été placé en vigilance « rouge » pour des vents violents par Météo France, et Goretti est déjà considéré comme l’une des tempêtes les plus puissantes de l’histoire récente du département. Des rafales de 140 à 160 km/h ont été mesurées sur une large partie des côtes normandes et bretonnes, entraînant des dommages considérables chez nos voisins français.

### De la perfection dans le chaos

Comme l’indiquent nos collègues de Severe Weather, la nature se montre plus que capricieuse, et au sein du chaos de Goretti se cache une certaine perfection : la suite de Fibonacci.

### Fibona… cci ?

Ne fuyez pas tout de suite ! Pour simplifier, la « suite de Fibonacci », nommée d’après l’Italien Leonardo Fibonacci, est une séquence de nombres entiers où chaque nombre est la somme des deux précédents. En clair : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, etc. Cette suite est intimement liée au nombre d’or et intervient dans de nombreux domaines, scientifiques ou non. On la retrouve dans la ramification des arbres, la disposition d’une pomme de pin, la coquille d’un escargot, ou même dans la formation des nuages lors de tempêtes et ouragans.

Les courbes logarithmiques de Fibonacci, c’est-à-dire la spirale de Fibonacci, sont créées à partir d’arcs de cercle situés à l’intérieur de carrés dont les côtés sont des nombres de la suite de Fibonacci, formant ainsi une courbe qui s’enroule harmonieusement.

Concernant Goretti, les images satellites montrent cette perfection mathématique et une spirale qui correspond parfaitement au schéma de Fibonacci, comme si la nature avait décidé de suivre une règle géométrique. Bien que ce phénomène ne soit pas rare, il est particulièrement visible dans le cas de Goretti, avec un œil bien défini et des bandes nuageuses enroulées, rendant l’image réellement incroyable. Un chaos destructeur au sein d’une harmonie mathématique.

### Pourquoi c’est si beau ?

La question demeure : pourquoi l’esprit humain perçoit-il une telle beauté dans ces images ? Ceci est dû à la proximité de la suite de Fibonacci avec le nombre d’or, qui se retrouve omniprésent : 1,618… Si l’on devait retenir deux exemples de ce nombre, on pourrait évoquer « La Naissance de Vénus » de Sandro Botticelli (tant pour la taille du tableau que pour sa construction) ou le Parthénon. Rien que cela !