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« La revue de presse : Washington ne cible pas l’Europe »

La nouvelle stratégie de sécurité américaine est un document d’une trentaine de pages qui expose les priorités de l’administration américaine. Le Monde souligne que la place consacrée à l’Europe dans ce document se résume à « deux pages et demi pour un enterrement ».

La nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis se compose d’une trentaine de pages, un exercice habituel qui détermine les priorités de l’administration américaine et, par extension, sa vision du monde, selon La Libre.

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Le document ne s’avère pas être en faveur de l’Europe, ce qui n’est pas une nouveauté.

Ce qui suscite l’attention des médias, c’est que cette stratégie cible désormais les Européens, comme le titre le journal Le Monde. De nombreux passages du texte ont été mis en avant et commentés ce week-end. En examinant ce document, Le Monde parle d’« un divorce », insistant sur une « séparation des biens », dans laquelle les États-Unis feraient preuve de « maltraitance » envers l’Europe, et de « nonchalance » envers nos adversaires. Plus loin, la métaphore du mariage est abandonnée, le journal souligne que la place accordée à l’Europe dans le document se résume à « deux pages et demie pour un enterrement ».

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Le Soir, quant à lui, souligne l’urgence avec ce titre : « il est J-1 pour l’Europe démocratique ».

L’éditorial aurait pu se limiter à un simple appel à la réaction. Pourtant, l’éditorialiste Béatrice Delvaux ajoute : « qui pour faire face ? Qui pour élaborer et porter la réponse européenne » à la fois économique, militaire et forte ?

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Divorce ou enterrement ? Urgence vitale ? Ou nécessité de réagir ?
Pour Sven Biscop, de l’UGent/Institut Egmont, interrogé par De Morgen, l’Europe doit devenir plus forte dans sa réponse. Selon lui, les États-Unis nous qualifient de faibles et dégénérés. Ils affirment vouloir soutenir les partis patriotiques pour altérer la trajectoire européenne.

Ce qui est particulier, c’est que la stratégie de Trump est fondamentalement axée sur un repli sur les intérêts nationaux, un désengagement international, à l’exception de l’Europe. Dans ce contexte, cette partie du plan américain apparaît irrationnelle. Le texte, selon l’universitaire, est rempli d’exagérations, de mensonges et d’ingérence.

Les États-Unis prétendent vouloir s’ingérer dans nos élections pour soutenir des forces d’extrême droite ? Il s’agit d’une attaque hybride, aussi dangereuse que si elle provenait de Moscou ou de Pékin.

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Confirmation du discours du vice-président américain J.D. Vance à Munich ? Oui, sans aucun doute. Et, confirmation également que, malgré les propos très virulents, le redéploiement militaire américain en Europe ne s’est pas effectué. Ce texte pourrait n’être qu’un manifeste MAGA, davantage qu’une mise en œuvre de l’expertise américaine approfondie ? C’est possible et cela ne contredit pas forcément le reste de l’analyse. Il est également crucial de replacer ce document dans le contexte de la « négociation » entre les États-Unis et la Russie concernant la guerre en Ukraine. Dans cette optique, l’Europe contrarie les projets de Washington.

L’urgence signalée précédemment ne serait peut-être pas tant d’apporter une réponse publique immédiate. La « bataille de tweet » (expression utilisée par l’entourage d’Emmanuel Macron) n’a guère d’intérêt.
Qu’il s’agisse d’un divorce, d’un enterrement ou d’une urgence vitale, l’Europe doit nécessairement définir sa réaction.