La revue de presse : liberté d’expression et droit de choquer
L’agression fatale de Quentin Deranque, 23 ans, étudiant et militant d’extrême droite, a eu lieu sur un trottoir de Lyon après des affrontements entre groupes radicaux lors d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan, LFI (La France Insoumise). Jean Luc Mélenchon et d’autres responsables LFI ont nié toute implication dans cette situation, affirmant que malgré des mots souvent excessifs, ils ne peuvent pas répondre à la question de la légitimité de la violence comme mode d’expression politique.
Si la presse s’attarde moins sur l’essence de l’affaire que sur ses origines, le rappel du Monde reste pertinent. Il s’agit de l’agression mortelle d’un jeune homme, Quentin Deranque, 23 ans, étudiant et militant d’extrême droite, battu sur un trottoir à Lyon. Cette agression est survenue après des premiers affrontements entre divers groupes radicaux lors d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan, représentante de La France Insoumise (LFI).
Pour La Libre, il est essentiel de « s’interroger sévèrement sur la part de responsabilité de chacun, en commençant par celle des responsables politiques de droite et de gauche. Certains ont fait du verbe une arme contondante. »
« Certes, LFI n’a pas tenu les bras qui frappaient Quentin Deranque. Mais le mouvement a contribué, comme d’autres, à un climat de dégradation du débat public, alimenté par des formules incendiaires, des ambiguïtés entretenues et une complaisance vis-à-vis de groupes qui font de l’affrontement physique un objectif. »
Jean-Luc Mélenchon, ainsi que d’autres responsables de LFI, a démenti toute implication. « Malgré ses paroles souvent excessives, il laisse surtout sans réponse cette question essentielle : ‘Comment en vient-on à croire que la violence puisse constituer un mode d’expression politique ?' »
« L’extrême droite prospère sur la peur et les fantasmes identitaires. L’extrême gauche justifie ses brutalités au nom d’une lutte qu’elle estime vertueuse. La démocratie ne meurt pas seulement des coups qu’on lui porte, alerte La Libre. Mais aussi des mots qui préparent à les accepter » (La Libre).
Le terme « brutalisation » est lancé, notamment par François Hollande, et récupéré par les médias. « La brutalisation du débat public adoptée par les mélenchonistes rend impossible toute alliance avec LFI, » déclare François Hollande, ancien président français du Parti Socialiste.
Le Temps, après avoir cité l’ancien président, conclut que Jean-Luc Mélenchon ne peut s’en prendre qu’à lui-même, étant à l’origine de cette radicalisation irresponsable et de cette tentative de surfer sur toutes les gauches radicales, même les plus extrêmes.
La crainte exprimée par Libération, soulignant que « les responsables de LFI continuent de s’enfermer dans leur soutien à la Jeune Garde », est de voir un rapprochement s’accélérer entre l’extrême droite et la droite, amorçant un basculement pour les prochaines élections présidentielles.
De Morgen rappelle que c’est au nom de la liberté d’expression que J.D. Vance, vice-président américain, critiquait l’Europe à Munich l’année dernière : « Il n’y a pas de sécurité si l’on a peur d’autres voix et d’opinions différentes. »
Un souvenir étrange lorsqu’un représentant en Belgique du gouvernement américain demande à notre gouvernement de condamner le président du parti socialiste flamand, Conner Rousseau, pour avoir « insulté » Donald Trump.
Fallait-il, comme l’a fait le président de Vooruit, comparer l’ICE aux pratiques d’Adolf Hitler dans l’Allemagne des années 30 et Donald Trump ? Le débat peut être passionnant et mérite d’être large, mais la liberté d’expression, qui inclut le droit de choquer et d’être offensé, s’impose à nous, comme aux États-Unis.
Ce gouvernement Trump ne craindrait-il pas les voix et les opinions différentes ? N’est-ce pas ce pays où les médias sont souvent poursuivis lorsqu’ils critiquent le pouvoir ? Cela confirme que, fréquemment, le plus grand danger pour la liberté d’expression provient de ceux qui prétendent la défendre.
La liste des libertés qu’il faudra réexpliquer à l’ambassadeur Bill White continue de s’allonger.
Enfin, De Standaard conclut que cela n’éclaire en rien les tensions réelles entre la liberté de religion et le droit à l’intégrité physique. Ces deux droits sont universels et doivent être protégés. Le débat autour de cette question peut être utile, mais il doit se tenir dans un cadre de dialogue et de confiance, notamment avec la communauté juive. Ce n’est pas une discussion à mener sur X avec la brutalité de monsieur l’ambassadeur.

