Belgique

La revue de presse : Le Pen ne renonce pas à sa carrière

Marine Le Pen est inéligible pour cinq ans en raison de sa condamnation en première instance dans l’affaire des « faux » assistants parlementaires du Front national. Depuis 1984, Le Monde constate que « jamais les idées du RN n’ont paru aussi largement installées dans l’opinion ».


Pour L’Avenir, s’appuyant sur l’éditorial de Libération, il est essentiel de rappeler la gravité des faits examinés, avec Marine Le Pen inéligible pour cinq ans à cause de sa condamnation en première instance dans l’affaire des « faux » assistants parlementaires du Front national. Elle a effectivement joué un rôle clé dans le détournement de fonds publics organisé pour sa formation politique.

Concernant les élus, la presse s’interroge sur la légitimité du choix du peuple quant à leur capacité à se présenter aux élections.

Libération précise qu’il ne s’agit pas d’une évaluation d’idéologie mais bien du comportement délictueux de Madame Le Pen et de ses proches. Il est à rappeler que la dénonciation populiste du « tous pourris » a longtemps été le fonds de commerce de l’extrême droite. Enfin, une idée récurrente dans la presse souligne que ce ne sont pas les juges qui « inventent » des sanctions, mais les élus qui les établissent via la législation pénale.

Doit-on évoquer une ingérence de la Justice dans le domaine politique ? « Évidemment qu’une confirmation de l’inéligibilité de Marine Le Pen serait un fait politique important », affirme Libération. Cependant, cela ne s’apparente pas à une « ingérence », dans la mesure où cette justice n’agit pas « aux ordres de… ».

Le vendredi précédent, Le Monde rapportait des propos autour de l’audience solennelle de début d’année de la Grand Chambre de la Cour de cassation française.

Le premier Président, Christophe Soulard, mentionne que « la séparation des pouvoirs ne signifie pas l’ignorance mutuelle » entre les sphères politique et judiciaire. Les juges, conscients des enjeux, savent qu’il y aura une présidentielle en 2027. Le procureur général, Rémy Heitz, a répondu aux accusations de « coup d’État judiciaire », « d’acharnement » ou de « vengeance » (entendus lors de la condamnation de Nicolas Sarkozy) : « Ces mots s’inscrivent dans un discours plus global, qui tend à installer dans les esprits l’idée selon laquelle la justice serait confisquée par une élite irresponsable, corporatiste et déconnectée des réalités sociales ».

Ce constat a été jugé faux et pernicieux par l’homme de loi.

Depuis 1984, Le Monde observe la montée de l’extrême droite dans l’électorat et constate que « jamais les idées du RN n’ont paru aussi largement installées dans l’opinion ». Toutefois, étant donné que ce parti se nourrit des colères, il est crucial d’établir un débat politique large sans omettre aucune thématique. La France dispose de quinze mois pour organiser une véritable campagne présidentielle, capable de freiner l’extrême droite.