Belgique

La réforme du chômage coûtera près d’un milliard d’euros aux CPAS d’ici 2029.

En Région wallonne, selon des estimations de mars 2026, 83.025 personnes auront été exclues du chômage d’ici le mois de juillet 2027. Les surcoûts pour les CPAS du pays seraient estimés à hauteur de 995 millions d’euros si maximum un tiers des exclus du chômage sollicitent un revenu d’intégration.


Depuis l’annonce de la réforme du chômage par le gouvernement fédéral, des spéculations ont émergé concernant le coût que cela pourrait engendrer pour les CPAS, qui pourraient être sollicités par les personnes exclues du chômage. Cette préoccupation est particulièrement forte en Région wallonne, où le nombre d’exclus est supérieur à celui des autres régions.

D’après des données consultées par notre rédaction, compilées par la Fédération du pays, le surcoût total pour l’ensemble des CPAS du pays est estimé à près d’un milliard d’euros.

Les estimations de la Fédération des CPAS reposent sur l’hypothèse qu’un tiers des personnes exclues du chômage fera appel à un CPAS.

Les dernières prévisions des CPAS, datant de mars 2026, anticipent que 83.025 personnes seront exclues du chômage en Wallonie d’ici juillet 2027.

Pour les exclus du chômage qui demanderont un revenu d’intégration pour la première fois, le gouvernement fédéral a prévu de rembourser les CPAS. Cependant, ce remboursement diminuera progressivement : il sera de 100 % la première année, 90 % la deuxième, 80 % la troisième et 75 % la quatrième année.

Concrètement, les CPAS estiment qu’il leur manquera 631 millions d’euros pour l’ensemble des revenus d’intégration (RIS) à couvrir durant la période de 2026 à 2029, représentant presque la moitié des RIS à payer.

Par ailleurs, les personnes exclues du chômage qui se tourneront vers les CPAS auront également la possibilité de demander des aides sociales, même si elles ne remplissent pas les conditions pour bénéficier d’un revenu d’intégration. Selon les calculs des CPAS, ces aides sociales coûteront 170 millions d’euros entre 2026 et 2029, un montant qui ne sera pas compensé par le fédéral et que les CPAS devront financer eux-mêmes.

Enfin, pour gérer les dossiers des nouveaux demandeurs de revenu d’intégration sociale après leur exclusion du chômage et assurer un suivi, les CPAS auront besoin d’engager du personnel supplémentaire. Ils estiment que ce volet « ressources humaines » coûtera environ 357 millions d’euros entre 2026 et 2029, dont 194 millions resteront à la charge des CPAS.

En somme, ces surcoûts liés aux revenus d’intégration, aux aides sociales et aux ressources humaines supplémentaires pourraient porter la facture totale pour les CPAS à environ 995 millions d’euros, soit presque un milliard.

Ce montant est calculé en supposant qu’au maximum un tiers des exclus du chômage demanderont un revenu d’intégration auprès d’un CPAS. Si cette proportion venait à augmenter, l’addition pourrait devenir encore plus lourde.