La plus jeune victime belge du coronavirus est une infirmière (Mise à jour)

« Isaura était notre seul enfant », ont expliqué les parents de l’infirmière de 30 ans, qui travaillait à la maison de repos Prince Park Residence, à Genk.

La jeune femme a perdu la vie, ce jeudi 26 mars, des suites de complications liées au coronavirus. Comme le reste du personnel soignant, Isaura Castermans se trouvait en première ligne du combat entamé par le pays face à l’épidémie de covid-19.

Elle a commencé à se sentir mal ce mardi 24 mars, après une longue journée passée auprès des pensionnaires confinés de la maison de repos. Une sorte de rhume avec de légers problèmes respiratoires. Le lendemain, elle a contacté son médecin qui lui a donné un rendez-vous. Mais, le jeudi, la jeune femme s’est effondrée dans son appartement. La maladie a atteint son cœur, ne lui laissant aucune chance.

Son compagnon, étudiant en dernière année de médecine, a tenté de la réanimer, avant que les ambulanciers ne prennent le relais. « Je n’ai pas été autorisé à monter dans l’ambulance qui s’est rendue aux urgences. Ils sont partis avec Isaura et j’ai dû rester chez moi à attendre des nouvelles que j’espérais encourageantes », a-t-il expliqué au Nieuwsblad. Ces nouvelle ne viendront jamais. Une heure plus tard, le trentenaire a été averti du décès de sa compagne.

« J’ai pu encore la toucher rapidement quand elle était sur le brancard, mais j’ai compris à ce moment que je l’avais perdue », a déploré sa maman à nos confrères de Het Laatste Nieuws.

« Je n’ai pas peur de la mort »

La jeune femme a été testée positive au coronavirus. La maladie s’est propagée poumons au coeur, comme cela se produit dans de très rares cas. 

Pour le moment, l’incompréhension règne du côté de sa famille car Isaura Castermans n’avait pas d’antécédents médicaux. « Elle n’a jamais eu de problèmes pulmonaires et était en parfaite santé. Elle était sportive, faisait du cross fit », ont détaillé ses parents. Selon son papa, la jeune femme voyait cette maladie comme une « sélection naturelle ». « Si j’en fais partie, pas de problème, je n’ai pas peur de la mort », avait rapporté l’infirmière à ses parents.

La mort d’Isaura Castermans soulève quoi qu’il en soit de vives questions, d’autant que personne ne sait où elle a contracté le virus. D’après le compagnon de la jeune femme, la maison de repos où Isaura travaillait ne dénombre pas le moindre malade du coronavirus.

Quoi qu’il en soit, au sein de la communauté médicale, la colère monte au sujet du manque de protections dont bénéficient les médecins et infirmières. Et le décès de celle qui est désormais la plus jeune victime du coronavirus en Belgique fait souffler un vent d’indignation encore plus grand…

L’enterrement d’Isaura Castermans aura lieu vendredi en petit comité. Puisqu’il souffre lui aussi du virus, son compagnon ne pourra s’y rendre. Il devra suivre la cérémonie via Skype. Au Nieuwsblad, il a tenu ces mots : « Je ne me suis jamais senti aussi impuissant ».