Belgique

« La Moisson » aux Renée du Cinéma : « Je ne devais pas faire ce film. »

La Moisson est un film sur le deuil, centré sur Rosie, 15 ans, qui ne dit plus un mot depuis la mort de son père. La projection de « La Moisson » aura lieu le 8 mars au Plaza Arthouse Cinéma dans le cadre du LIFF et le 12 mars à Imagix à Mons.


La Moisson est un film qui aborde le thème du deuil à travers le parcours de Rosie, une adolescente de 15 ans qui est devenue muette depuis la mort de son père. Le temps avance et le dernier jour de la moisson approche, symbolisant à la fois un adieu et le commencement d’une nouvelle existence. Ce sujet est particulièrement significatif pour la réalisatrice qui déclare : « j’ai perdu mon père quand j’avais 15 ans. Cela a été un moment qui nous est tombé dessus à moi et à toute ma famille. J’ai toujours été assez fascinée par toutes les émotions qui nous ont traversées. Je trouve qu’il y a souvent très peu de mots pour montrer comment on est dévasté. C’est aussi pour cela que je l’ai mise dans le mutisme. »

Avant de se lancer dans la réalisation, cette Montoise a été actrice pendant de nombreuses années. À 30 ans, elle choisit de transformer son parcours : « j’adore être actrice mais à un moment donné, j’ai eu envie de raconter mes histoires, de raconter les personnages que j’ai écrits et puis, en tant que femme, je trouve important de se mettre derrière la caméra et de prendre la parole pour raconter notre vision du monde. »

Réaliser son premier film peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant : « le schéma classique en Belgique, c’est de passer devant les commissions du cinéma à la Fédération Wallonie-Bruxelles pour obtenir un fonds. Il y a un certain nombre de fois où on peut passer et, malheureusement, si cela ne va pas, il faut trouver des solutions. » Pour faire avancer son projet, Alice d’Hauwe s’est inscrite sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank : « on a obtenu 8.000 euros. On ne s’attendait pas à ça. On a réussi à se créer un budget et puis, on a été soutenus par le fonds du cinéma du Hainaut et par le Taxshelter. »

Le film se déroule dans un cadre rural. « La ferme se trouve à Petit-Enghien, d’autres décors sont à Lessines et tout ce qui passe près de l’eau, c’est à Ath. On a tout tourné dans le Hainaut, notamment grâce à l’aide du fonds du cinéma du Hainaut. Ce n’était pas prévu mais j’étais ravie puisque je viens de là. Je voulais qu’on ne sache pas trop où on est. Il y a des gens qui voient le sud de la France ou le sud des États-Unis. » La météo était également un enjeu : « Il fallait qu’il fasse beau et on sait qu’en Belgique, cela peut être très aléatoire donc on a croisé les doigts. C’était au mois d’août, à la fin de la moisson, il fallait qu’il y ait du blé dans les champs donc on a eu une très petite fenêtre pour tourner. Mais on a eu les dieux du ciel avec nous. »

« La Moisson » sera projeté le 8 mars au Plaza Arthouse Cinéma dans le cadre du LIFF, puis le 12 mars à Imagix à Mons.