La lune de miel d’Atomic Boy est désormais terminée.
Des ingénieurs ont exprimé leurs inquiétudes concernant le retard accumulé par la Belgique en matière d’énergie nucléaire, comme relayé par le journal De Standaard dans un article intitulé « Tout le monde perd patience avec Mathieu Bihet ». Le ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, a déclaré en commission à la Chambre : « Je suis actif pour trouver des solutions » et a assuré que des échanges avec les exploitants des centrales nucléaires s’intensifiaient.
Les ingénieurs mécontents de l’inaction de Mathieu Bihet
Tout a commencé par un tweet d’un ingénieur sur le réseau social d’Elon Musk. D’autres ingénieurs ont ensuite réagi, suscitant des préoccupations parmi les partisans de l’énergie nucléaire concernant les retards accumulés par la Belgique dans ce domaine.
Ces personnalités comptaient beaucoup sur ce gouvernement qualifié de « d’ingénieurs » et sur le ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, surnommé « Atomic Boy ». À son arrivée en fonction, il avait abrogé la loi de sortie du nucléaire de 2003 et célébré l’entrée dans une nouvelle ère. Cependant, ces ingénieurs commencent à désespérer, estimant qu’aucun progrès n’est encore visible.
De Standaard relaie les préoccupations concernant le soutien au nucléaire
Ces préoccupations ont été reprises par la presse, notamment dans De Standaard, qui a publié lundi un article intitulé « Tout le monde perd patience avec Mathieu Bihet« . L’article indique que les soutiens du nucléaire sont déçus après l’annonce du directeur d’Engie, qui a mis fin à tout projet de relance de Tihange 1, une option qui était espérée. D’autres voix s’élèvent également : la filière des énergies renouvelables s’inquiète du manque de perspectives pour l’éolien terrestre et offshore après la suspension d’une partie du projet d’île énergétique en raison de dépassements de budget. Le ministre est perçu comme passif et peu visible par les deux camps.
Des questions au sein de la majorité Arizona
Certaines réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias ne suffisent pas à créer une controverse, mais l’implication de députés de la majorité change la donne. Oskar Seuntjens, député du partenaire de centre gauche Vooruit, souligne qu’ »il y a un réel problème. Si nous voulons être moins dépendants de la Russie et des États-Unis, il faut un plan« . Cette inquiétude est partagée par Bert Wollant, député pro-nucléaire de la N-VA, qui déclare : « Si l’on veut prendre des décisions, il ne faut pas attendre la moitié de la législature« , alors qu’Elia, le gestionnaire du réseau, anticipe des manquements de capacité en 2030.
Mathieu Bihet, face à cette pression, s’est défendu hier en commission à la Chambre. « Je suis actif pour trouver des solutions« , a-t-il affirmé, en essayant de convaincre les députés de son propre camp. Il a précisé que des discussions étaient en cours avec les exploitants et propriétaires de centrales nucléaires, avec l’intention d’envisager le prolongement, sous certaines conditions de sûreté, de réacteurs existants comme Tihange 1, ainsi que la construction de nouvelles centrales nucléaires. Il a également insisté sur le maintien des ambitions en matière d’éolien offshore.
Ces déclarations visaient à rassurer et à apaiser les inquiétudes grandissantes. Toutefois, pour Mathieu Bihet, le message est clair : le temps de la lune de miel d’Atomic Boy est révolu. La patience des milieux économiques, notamment en Flandre, est à bout. Ils exigent désormais des actions concrètes, c’est-à-dire davantage de gigawatts et à un coût réduit.

