La Défense rapatrie une cinquantaine de militaires en opération au Niger, dont une vingtaine positifs au Covid-19

Ces militaires sont déployés depuis le mois d’octobre à Maradi (centre-sud du Niger) dans le cadre de l’opération bilatérale New Nero (ONN), qui vise à former des unités de l’armée nigérienne pour mener des opérations spéciales afin de combattre les groupes djihadistes actifs au Sahel.

« Une vingtaine de militaires positifs à la Covid-19 seront rapatriés du Niger (Maradi) où ils se trouvaient depuis le mois d’octobre dans le cadre de l’opération bilatérale New Nero. Par mesure de précaution, une trentaine de militaires exposés à des contacts à haut risque rentrent également en Belgique », a indiqué la Défense sur son site internet.

Ces mesures ont été décidées afin de ne prendre aucun risque avec la santé du personnel et de garder la situation sous contrôle. Dans cette même optique, la mission (ONN) a été suspendue, a précisé la Défense.

« Afin d’assurer au mieux le suivi médical des militaires rapatriés et de protéger leurs proches et la santé publique en Belgique, ils seront placés (à leur retour) en quarantaine dans un hôtel réservé exclusivement pour cela (ils en seront donc les seuls hôtes) dès leur retour. Un suivi médical et des tests PCR seront organisés, selon les directives émises par Sciensano », l’institut de Santé publique, a ajouté le ministère.

« L’ensemble des militaires belges présents sur place ont été testés. Du personnel médical supplémentaire a été envoyé à Maradi pour assurer le suivi médical dans les meilleures conditions possibles. Les militaires non positifs et ne présentant que de faibles risques de contamination sont quant à eux restés au Niger afin d’assurer la continuité de notre présence sur place », a-t-il encore indiqué.

Une équipe spécialisée sera chargée de désinfecter le camp avant l’arrivée de la prochaine rotation prévue dans le courant du mois, conclut le ministère.

Cette relève concerne le détachement en fin de mission, fourni par le 2e bataillon de commandos de Flawinne et qui doit être remplacé par un autre, provenant de la même unité, selon une source informée.

La Défense est présente au Niger afin d’aider ce pays sahélien à renforcer les capacités militaires et de soutenir le pays dans sa lutte contre le terrorisme. Elle y déploie actuellement des équipes mobiles d’éducation et de formation, en jargon des « Mobile Education and Training Teams » (METT).

Depuis le lancement de l’opération New Nero fin 2017, cinq compagnies d’intervention nigériennes (d’environ 150 hommes chacune) ont déjà été formées dans différentes disciplines, comme les opérations tactiques et l’appui médical, la navigation, la communication ainsi que le tir. Le but est de permettre à l’armée nigérienne de combattre les groupes djihadistes actifs au Niger, au Mali et au Burkina Faso, où ils mènent de fréquentes attaques.

Cette mission discrète a été confiée au « Special Operations Regiment » (SOR), qui rassemble le groupe des Forces spéciales (SFG) de Heverlee, près de Louvain, et les deux bataillons para-commandos (les commandos de Flawinne et le 3e bataillon parachutiste de Tielen).

Le gouvernement a décidé le mois dernier de poursuivre cette mission, en la faisant évoluer vers la « certification opérationnelle » des unités nigériennes durant l’année 2021, avec une présence dans ce pays pouvant atteindre 110 militaires.