La Belgique va-t-elle devenir un « narco-Etat »? « Le combat contre la violence de la drogue est une priorité »

Pour étayer son propos, il se base notamment sur des chiffres. « Le montant total des cargaisons débarquées dans la ville flamande avant d’inonder l’Europe, via les Pays-Bas, oscillerait donc entre 50 et 60 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du budget annuel des retraites en Belgique. De quoi attirer les convoitises de mafias de toute nationalité, qui tentent de mettre la main sur ce marché », précisent notamment nos confrères.

Le 15 septembre dernier, une réunion a eu lieu entre les trois ministres fédéraux compétents (Intérieur, Justice et Santé), le procureur fédéral et quatorze bourgmestres. Ils se sont réunis afin de discuter des problèmes que cela engendre pour la ville. D’autant plus que l’escalade de la violence a grimpé cet été.

Ce jeudi, Annelies Verlinden était l’invité de Martin Buxant sur LN24. L’occasion pour elle de revenir sur ce titre accordé dans le quotidien. « Je ne suis pas d’accord avec cette appellation », a-t-elle commencé face à la question. « Il est vrai que le port d’Anvers connaît un trafic de drogue ‘remarquable’. Mais cela se vérifie aussi dans d’autres ports comme celui de Rotterdam, du Havre ou Hambourg. Cela ne fait pas de la Belgique un pays narco. »

La ministre de l’Intérieur assure que le gouvernement fait très attention à cette problématique. « Il y a encore un minimum de citoyens qui prennent des drogues dures. Mais il faut faire quelque chose pour se battre contre la violence de drogue. Et c’est ce que l’on fait avec ce gouvernement fédéral. Ce combat est une priorité mais nous devons le mener ensemble. Que ce soit au niveau politique mais aussi la police, la justice ou les autorités locales. La prévention doit également être mise en avant. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons y arriver. »

La mafia a-t-elle infiltré la police?

Dans l’article, Stanny De Vlieger, un ex-directeur de la police judiciaire fédérale à Anvers , assurait que les mafias « ont infiltré jusqu’à la police, les douanes et les entreprises. » Une affirmation qu’elle n’a pas niée. « Lors d’une opération, nous avons pénétré le système de communication crypté Sky ECC utilisé par les réseaux du crime organisé. Cela nous a permis de constater que plusieurs officiers ou douaniers étaient inclus dans le trafic. Mais je souligne que ce n’est pas représentatif de la réalité. Forcément, lorsqu’il y a beaucoup d’argent au bout, cela arrive de temps en temps que des agents soient corrompus. »

Ces dernières semaines, plusieurs bourgmestres se sont plaints du manque de moyen déployé, comme Bart de Wever (Anvers) ou Catherine Moureaux (Molenbeek), par la ministre de l’Intérieur. Des critiques qu’elle entend mais qu’elle réfute. « Ce gouvernement investit davantage dans la police que les précédents. Beaucoup de moyens sont déployés et on recrute beaucoup de personnel additionnel pour la police locale et fédérale. »

Mais comment faire pour gagner face à un adversaire aussi puissant? « Je veux me mettre à côté des bourgmestres et leur offrir un outil spécifique pour se battre. C’est ce que l’on nomme l’approche administrative. Elle vise à donner plus de pouvoirs aux bourgmestres pour se battre contre cette criminalité déstabilisante. »

Pour combattre la drogue, Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles, estimait que la légalisation pourrait être une solution afin de diminuer cette criminalité. « Je ne suis pas d’accord », tranche-t-elle. « Je ne suis pas convaincu que la légalisation du cannabis soit utile dans le débat actuel. Parce que la violence ne provient pas majoritairement de ce trafic. Les drogues dures représentent le plus grand danger. »