La Belgique importe 15% de son électricité : risque à évaluer ?
En Belgique, près de 30% de notre électricité est produite par des énergies renouvelables. Environ 15% de l’électricité consommée dans notre pays est importée de l’étranger.
En Belgique, près de 30 % de l’électricité est générée à partir d’énergies renouvelables. Durant certains mois d’été, ce chiffre atteint même 40 % grâce aux panneaux photovoltaïques. Cette production ne cesse de croître, chaque année étant marquée par de nouveaux records. En revanche, la production d’électricité nucléaire est en déclin. En effet, alors que le pays comptait 7 réacteurs nucléaires en 2022 produisant environ 6 gigawatts, il ne reste désormais que deux réacteurs en activité, réduisant la production à 2 gigawatts.
Le mix énergétique belge inclut également des centrales à gaz et des imports. « On n’arrête pas de battre des records d’importation », souligne Francesco Contino. Environ 10 TWh, voire un peu plus, ont été importés sur les 80 TWh consommés annuellement, la majorité venant de France et une petite partie des Pays-Bas. Environ 15 % de l’électricité consommée en Belgique provient de l’étranger.
**Pourra-t-on compter sur l’énergie nucléaire ?**
**Faut-il tendre vers l’autonomie énergétique ?**
Notre pays dépend donc de ses voisins pour s’approvisionner en électricité, une situation qui pourrait le rendre vulnérable dans le contexte géopolitique actuel. Cependant, d’un point de vue énergétique, cette collaboration est jugée logique par Francesco Contino : « À mon sens, il ne faut pas viser absolument une autonomie de production. Je ne parle pas ici d’enjeux géopolitiques ou économiques, mais bien purement énergétiques. Si on regarde les études qui se projettent à 2050, c’est beaucoup plus efficace d’avoir une entraide plutôt que de viser chacun sa petite autonomie chez soi. »
D’ailleurs, la Belgique aide également ses voisins, car le pays importe en réalité 40 TWh mais n’en consomme que 15. Le territoire belge est donc également utilisé comme zone de transit pour échanger de l’électricité entre la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, etc.
**Un réseau énergétique européen**
L’autonomie énergétique d’un pays, surtout en matière d’énergie décarbonée, varie considérablement. Par exemple, la Belgique a une forte demande en électricité en raison de son industrialisation, mais les espaces disponibles pour installer des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques sont limités. De plus, les conditions météorologiques ne sont pas toujours favorables. L’autonomie doit donc être envisagée à l’échelle européenne.
« Différentes études le montrent, c’est possible au niveau de l’Europe d’être autonome avec les ressources renouvelables, défossilisées. Par contre, cela entraîne des disparités en termes de ressources. » Les côtes et îles bénéficient de vents forts, le sud du territoire reçoit beaucoup de soleil, et certains pays disposent de plus d’espace. En somme, le futur marché énergétique de l’Europe reposera sur des échanges permanents entre États membres.
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