Belgique

La Belgique en 2080 : 13 millions d’habitants, espérance de vie de 90 ans

Le Bureau fédéral du Plan (BFP) a publié pour la première fois des perspectives de population jusqu’en 2080, prévoyant que la Belgique dépassera 13 millions d’habitants et que l’espérance de vie atteindra 90 ans. Selon le BFP, le solde naturel sera négatif pendant toute la période 2025-2080, alors que le solde migratoire se stabilisera aux environs de 36.000 personnes par an.


Le Bureau fédéral du Plan (BFP) a présenté pour la première fois des projections démographiques jusqu’en 2080. À cette échéance, la Belgique dépassera les 13 millions d’habitants et l’espérance de vie atteindra 90 ans. L’augmentation de la population sera exclusivement due à l’immigration, le nombre de naissances étant inférieur à celui des décès.

### Une augmentation grâce à l’immigration

Dans ces nouvelles projections, le solde naturel ne contribue plus à la croissance de la population belge, qui dépend uniquement de la migration internationale. Bruno Masquelier, démographe et professeur à l’UCLouvain, souligne que « la croissance de la population belge est portée par le mouvement migratoire, parce que si on fermait la population aux migrations, très vite, il y aurait de moins en moins de Belges ».

Sur la période 2025-2080, le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre naissances et décès, sera négatif. Le solde migratoire, quant à lui, se stabilisera autour de 36 000 personnes par an, un niveau inférieur à celui des années récentes.

### Huit millions de Flamands

La population augmente, mais à un rythme plus lent qu’auparavant. La Région flamande continuera de croître jusqu’en 2080, passant de 6,8 millions d’habitants en 2025 à 8,2 millions, tandis que les régions wallonne et de Bruxelles-Capitale se stabiliseront à environ 3,7 et 1,2 million respectivement.

Bruno Masquelier constate que « la Région flamande a pourtant davantage de décès que de naissances », indiquant un solde naturel négatif, mais des soldes migratoires positifs contribuent à la croissance de la région.

### Le cas de Bruxelles

Bruno Masquelier évalue la situation à Bruxelles, indiquant que « la Région wallonne est un peu dans la même situation, sauf que l’écart entre naissances et décès est plus prononcé ». La croissance de la Région wallonne se maintiendra pendant quelques années, mais devrait se retirer autour de 2048.

Concernant Bruxelles, il ajoute que, bien qu’il y ait plus de naissances que de décès, « il y a un solde migratoire interne très négatif ». Selon lui, « la population bruxelloise va arrêter de croître », et il y aura moins d’habitants dans la Région de Bruxelles-Capitale.

### Moins de bébés, et on vit plus vieux

Le taux de fécondité en Belgique diminue depuis plusieurs années, mais devrait légèrement remonter jusqu’en 2040. Le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 1,9 à 1,5 enfant en 2025, avec une prévision d’augmentation à environ 1,6 enfant à partir des années 2040. « Ce niveau reste faible dans une perspective historique », souligne le Bureau fédéral du Plan. Bruno Masquelier indique que « le facteur de la fécondité ne joue plus énormément », alors que les projections démographiques sont de plus en plus influencées par l’immigration.

En 2080, l’espérance de vie atteindra 90 ans pour les femmes et 89,2 ans pour les hommes. Les hommes verront leur espérance de vie se rapprocher de celle des femmes, l’écart étant encore de quatre ans en 2025.

### Une population de plus en plus âgée

Le vieillissement de la population s’accentue. Le BFP prévoit qu’en 2080, il y aura 46 personnes âgées de 67 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif de 18 à 66 ans, contre 28 en 2025. La proportion de plus de 80 ans parmi les personnes de plus de 67 ans augmentera également.

Les prévisions anticipent près d’un million de ménages supplémentaires, avec une taille moyenne des ménages passant de 2,2 personnes en 2025 à 2 en 2080. Le nombre de ménages en Belgique passera de 5,2 millions à 6,17 millions entre 2025 et 2080, tandis que la population augmentera de 11,4 %.

### La Belgique (trop) optimiste ?

Quelles conclusions tirer de ces projections ? Bruno Masquelier se dit surpris que « la Belgique parvienne à maintenir une croissance de sa population, contrairement à d’autres pays qui vont connaître un déclin démographique ». Par exemple, « la France prévoit que sa population atteindra un pic vers le milieu des années 2040 ». Le Bureau du Plan, quant à lui, projette une population de 13 millions d’habitants à l’horizon 2080, en faisant des hypothèses qui peuvent sembler optimistes.

D’autres analyses démographiques ont été réalisées par Eurostat ou les Nations-Unies.