La Belgique devrait accueillir des mineurs vivant dans les camps de réfugiés grecs

Appel lancé à la Chambre. Décision du gouvernement attendue cette semaine.

Une large majorité s’est dessinée ce mercredi en commission des Relations extérieures de la Chambre, réunie dans l’hémicycle habituellement destiné aux séances plénières, distanciation sociale oblige. Sur la table, la proposition de résolution demandant au gouvernement d’accueillir des mineurs non accompagnés des camps de réfugiés situés sur les îles grecques. Le texte a été approuvé par l’ensemble des partis, à l’exception du Vlaams Belang et de la N-VA. Le texte passera la semaine prochaine en séance plénière.

« Avec cette résolution, nous poussons le gouvernement à accueillir des enfants en Belgique et à défendre au niveau européen un mécanisme d’accueil similaire pour les autres personnes vulnérables« , développe Simon Moutquin (Écolo), co-auteur de la proposition. L’ensemble des députés présents, à l’exception des membres de la N-VA et du Vlaams Belang ont souligné la nécessité de venir en aide à ces enfants. « Cela fait des mois que les organisations internationales alertent sur les conditions de vie inhumaines dans ces camps« , continue le député vert. Un retard qui a suscité la colère du député socialiste flamand John Crombez (SP.A). « Le gouvernement n’a pas encore indiqué sa volonté de prendre part à l’effort. Or ici on voit que le MR et l’Open VLD sont d’accord. Il suffit pourtant de convaincre 38 députés« , s’est-il étonné lors de la commission.

Déjà huit pays participants

La crise du Covid-19 a rajouté de l’urgence aux conditions de vie déplorables de ces « hotspots » destinés aux réfugiés. Près de 42 000 migrants vivent dans ses infrastructures prévues pour 7 000 personnes, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies. Début mars, la Commission européenne avait adopté un plan d’action en vue de soutenir la Grèce dans la crise migratoire qu’elle connaît actuellement. Ce plan prévoit notamment la relocalisation de 1 600 mineurs étrangers non accompagnés (Mena), la plupart âges de moins de 14 ans ou souffrant d’une grave maladie. Dans la foulée, huit États membres avaient montré leur soutien à l’initiative. Jusqu’alors, la Belgique était restée muette dans le dossier. La ministre de l’Asile et la Migration Maggie De Block (Open VLD) avait indiqué son soutien à la Grèce, sans toutefois s’engager.

Déterminer le nombre de places

La Commission avait par ailleurs annoncé début avril la participation de la Belgique à ces relocalisations, avant que le cabinet ne démente, préférant parler de discussion en cours. La ministre arguait que les centres belges étaient déjà saturés et que le contexte de gouvernement minoritaire rendait la décision impossible.

Son cabinet indiquait hier que le sujet sera sur la table du gouvernement cette semaine, sans toutefois se risquer à trop de détails, malgré des discussions déjà bien entamées. Il s’agira désormais de déterminer le nombre exact de places et les modalités d’accueil. Le texte prévoit une répartition équitable de 1 600 MENA entre les États membres. 59 enfants ont déjà été pris en charge en Allemagne et au Luxembourg, tandis que le Portugal s’apprête à en accueillir 50 autres, avait indiqué la commissaire européenne Ylva Johansson la semaine dernière.