La Belgique accueillera 100 à 150 demandeurs d’asile vulnérables de Lesbos (Mise à jour)

La Belgique accueillera 100 à 150 demandeurs d'asile vulnérables de Lesbos

Cette annonce vient en plus des douze mineurs d’âge non accompagnés (MENA) que la Belgique a déjà annoncé mardi être disposée à accueillir, ainsi que des 18 autres déjà arrivés cet été sur le sol belge à la suite d’une précédente demande de la Grèce.

Les 100 à 150 personnes concernées sont des demandeurs d’asile dits vulnérables tels que des familles avec enfants, des mères et des femmes isolées, précise le communiqué. Les deux pays doivent encore examiner comment mettre en œuvre cette collaboration, qui a été formellement sollicitée par la Grèce.

La Belgique rejoint ainsi un groupe de pays de l’UE disposés à recourir provisoirement à une nouvelle solution « ad hoc » face à un drame de l’immigration comme l’Europe en connaît depuis plusieurs années avec les sauvetages en Méditerranée.

Les gouvernements belge et grec n’en répètent pas moins que ce type de solution temporaire est « intenable à long terme. » « Seule une approche globale au niveau européen peut apporter une solution structurelle », insistent Mme De Block et M. Koumoutsakos.

Après plusieurs reports, la Commission européenne doit présenter ses nouvelles propositions de politique migratoire mercredi 23 septembre prochain. L’exécutif proposera d’abolir le fameux règlement de « Dublin », qui confie la responsabilité du traitement des demandes d’asile au pays de première entrée des migrants dans l’UE, faisant ainsi peser une charge extrême sur les pays méditerranéens.

« Une vue d’ensemble claire des efforts de chaque État membre serait une première étape », a aussi réclamé Mme De Block (Open Vld). A ses yeux, chaque État membre devrait contribuer de manière équitable, sur base de critères clairs.

« Si chacun prenait sa juste part, comme la Belgique le fait, alors la Grèce, mais aussi d’autres pays comme Malte et Chypre, ne devraient pas faire face à une telle pression », soulignent les deux ministres.

C’est dans la nuit du 8 au 9 septembre derniers que le méga-camp de Moria, le plus grand d’Europe, ouvert il y a cinq ans au pic de la crise migratoire, a été entièrement détruit par les flammes, laissant sans abri ses 12.000 occupants – dont 4.000 enfants – qui y logeaient dans des conditions insalubres.

Mardi encore, la chancelière allemande Angela Merkel s’était dite déçue par l’absence de solution européenne concertée pour accueillir davantage de réfugiés du camp grec, alors que Berlin a annoncé en accueillir environ 1.500.

De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, qui s’est rendu mardi à Moria, a appelé l’UE à « adresser une réponse forte » sur la question migratoire. L’ancien Premier ministre belge, qui avait perdu sa majorité fin 2018 en signant le Pacte de l’Onu pour les migrations, sera dans les semaines et mois qui viennent confronté à l’urgence d’accorder les Vingt-sept sur la nouvelle politique migratoire de l’Union.