Jumet : le ministre Desquesnes donne son accord pour un centre fermé
Les rapports de l’Administration ont montré quelques insuffisances concernant les règles d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite et sur l’isolation acoustique du bâtiment. La Ville de Charleroi a assorti son absence d’opposition à plusieurs conditions précises, dont une capacité limitée à environ 200 places.
Les freins au permis d’urbanisme ont maintenant été levés, comme l’a confirmé François Desquesnes. « Les rapports de l’Administration ont révélé certaines insuffisances concernant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite d’une part, et sur l’isolation acoustique du bâtiment d’autre part. C’est pourquoi le permis est attribué avec des conditions spécifiques sur ces deux volets. Les autres critères d’admissibilité du dossier ont été vérifiés et satisfaits », a précisé le ministre wallon.
Le projet de centre fermé à Jumet remonte à 2017, lorsqu’il a été proposé par Théo Francken (N-VA), alors secrétaire d’État à l’asile et à la migration. Depuis, le dossier a connu plusieurs revers, notamment un refus de permis en 2019 par l’ancien ministre wallon de l’aménagement du territoire, Carlo di Antonio, également membre des Engagés.
### Silence prudent de la Ville de Charleroi
La décision du ministre aura un impact significatif sur la vie locale. Cependant, la réaction de la Ville de Charleroi est mesurée, voire inexistante. L’entourage du bourgmestre indique ne pas encore avoir les détails du permis délivré.
Ce silence est d’autant plus remarquables que la Ville avait conditionné son absence d’opposition à plusieurs exigences précises : une capacité limitée à environ 200 places, contre les 400 initialement envisagées, l’exclusion des familles et des enfants, ainsi qu’une garantie d’aménagement pour les personnes à mobilité réduite et des dispositifs visant à réduire les nuisances sonores.
« Nous n’avons pas encore reçu le permis dans le détail », justifie l’entourage du bourgmestre, empêchant toute vérification immédiate du respect de ces conditions.
Une position que le ministre relativise. « Dans le dossier qui m’a été soumis, la Ville de Charleroi a rendu un avis favorable sur le projet tel qu’il était présenté », répond François Desquesnes, sans plus commenter les exigences des autorités locales.
### Colères des opposants historiques
Pour les opposants de longue date au projet, la décision est mal accueillie. « Nous sommes très en colère », déclare Valter Iurlaro, du collectif « Ni Jumet, ni ailleurs ». « Cette décision est incompréhensible. En 2019, Carlo Di Antonio avait refusé le permis. Aujourd’hui, un ministre du même parti l’accorde, malgré les réserves exprimées par l’administration. »
Face à cette contradiction apparente, François Desquesnes précise qu’il existe une différence entre les dossiers. « Je ne suis pas certain que le projet qui a été soumis à Carlo di Antonio il y a dix ans était le même que celui qui m’a été soumis aujourd’hui », explique le ministre wallon.
Cependant, pour les opposants, la bataille n’est pas terminée. « Le seul recours possible reste d’aller devant le Conseil d’État », reconnaît Valter Iurlaro. Un recours suspensif que les opposants au projet envisagent d’introduire dans l’espoir de bloquer la construction du centre fermé à Jumet.

