Belgique

José Van Dam, célèbre chanteur lyrique belge, est décédé.

José Van Dam est né à Bruxelles le 25 août 1940 sous le nom de Joseph Van Damme. Il a chanté pour la dernière fois à la Monnaie en mai 2010, à la veille de ses septante ans.


Il s’était produit pour la dernière fois sur la scène de la Monnaie en mai 2010, juste avant ses 70 ans. Il avait d’abord participé à une série de représentations du Don Quichotte de Jules Massenet, où il incarnait le chevalier à la triste figure sous la direction de Marc Minkowski et dans une mise en scène de Laurent Pelly. Ensuite, il avait pris part à un concert d’hommage avec une dizaine de collègues, interprétant des extraits d’opéras de Mozart, Verdi et Wagner.

### Des origines bruxelloises à la formation au Conservatoire

José Van Dam était né à Bruxelles le 25 août 1940, sous le nom de Joseph Van Damme. Ébéniste de profession, son père avait élevé une famille bruxelloise bilingue. Ses talents vocaux avaient été découverts lors d’un « crochet », un concours de chant pour amateurs à l’occasion d’une braderie, alors qu’il n’avait que onze ans. Rapidement, il avait suivi des cours de chant à l’école de musique de Jette puis à celle de Laeken.

Sa rencontre avec Frédéric Anspach, un ténor renommé, a été déterminante. Anspach lui avait donné des cours à l’académie de Schaerbeek, lui conseillant d’interrompre le chant durant quelques mois pour le laisser passer la mue, avant de l’accueillir dans sa classe au Conservatoire de Bruxelles. À l’âge de 17 ans, il y était entré et avait obtenu son Premier Prix à 18 ans, année de la perte de son père. Après douze mois de service militaire en Allemagne, il revenait pour décrocher son Prix d’art lyrique.

### Les premiers pas sur les scènes européennes

Ses débuts à l’opéra étaient survenus rapidement. Bien qu’il n’avait pas encore chanté à la Monnaie – il devait attendre 1971 pour être reconnu dans son pays – il s’était produit dans les troupes de trois grandes maisons lyriques à l’étranger. À l’Opéra de Paris d’abord, de 1961 à 1964, où son premier rôle avait été celui de Mercure dans Les Troyens. Il avait ensuite chanté Wagner dans Faust, ce qui avait marqué le début d’une série de petits rôles lui permettant de toucher à différents répertoires. Parmi eux figuraient un paysan dans Pagliacci, Luther dans Les contes d’Hoffmann, Schaunard dans La Bohème, le Bonze dans Madama Butterfly, et un Député flamand dans Don Carlo. En 1965, il faisait ses premiers Escamillo dans Carmen.

Cependant, les syndicats étaient réticents à l’engagement de chanteurs étrangers à la Grande Boutique à cause des quotas, et après quatre ans, il devait partir. En 1964, il avait remporté le Premier Prix du Concours de Genève, ce qui lui avait permis d’intégrer la troupe du Grand Théâtre pendant deux ans, le temps d’affiner son jeu, notamment dans le répertoire allemand.

Une troisième expérience à la Deutsche Oper de Berlin l’avait également vu travaillé durant six ans, d’abord dans des seconds rôles puis très vite dans des premiers rôles.

José Van Dam avait toujours été un fervent défenseur des troupes d’opéra, sans réussir toutefois à convaincre les directeurs de la Monnaie de relancer une troupe.

### L’explosion internationale des années 70

Les années 70 avaient été marquées par une explosion de sa notoriété internationale, faisant de lui un soliste invité dans de nombreux théâtres à travers le monde, tels que la Scala de Milan, le Metropolitan Opera de New York, Covent Garden à Londres, et l’Opéra de Vienne. Il reviendrait également à Paris mais comme vedette. Il avait eu l’opportunité de travailler et d’enregistrer avec de nombreux chefs d’orchestre de renommée, comme Maazel, Muti, Nagano, Abbado, et surtout Herbert von Karajan, qui avait eu une grande influence sur sa carrière.

Son répertoire avait été extrêmement large, allant de Rameau à Messiaen, bien que ce soient surtout le classicisme, le romantisme et le début du XXe siècle qui l’avaient marqué. Il avait incarné des rôles mémorables tels que Masetto, Leporello, Don Giovanni et Figaro, mais aussi Escamillo dans Carmen, Golaud dans Pelléas et Mélisande, ainsi que des rôles chez Verdi et Wagner. Malgré une invitation à Bayreuth, il avait refusé de chanter Wotan dans la Tétralogie, craignant de s’ennuyer en Bavière.

### L’engagement pour la transmission et le Concours Reine Élisabeth

José Van Dam n’avait pas souvent chanté de musique contemporaine, mais cela avait constitué des événements marquants, notamment le rôle-titre de Saint-François d’Assise, l’unique opéra d’Olivier Messiaen, créé en 1983. Il avait également été l’un des fondateurs en 1988 des sessions de chant du Concours Reine Élisabeth, promouvant l’égalité entre le chant, le piano et le violon.

### Le « Maître de musique », du cinéma à la Chapelle musicale Reine Elisabeth

En 1988, il avait joué dans le film belge de Gérard Corbiau, Le Maître de musique, dans lequel il interprétait Joachim Dallayrac. Le film, qui avait été tourné à Chimay et à La Hulpe, avait été nommé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1989. Ce rôle ne constituait pas une première pour lui au cinéma, puisqu’il avait déjà joué dans Don Giovanni, une adaptation par Joseph Losey.

Maître de musique, il l’avait également été dans la réalité à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, où il était devenu Maître en résidence, puis, depuis 2023, à titre émérite.

José Van Dam avait également reçu en 2024 un Lifetime Achievement Award aux International Opera Awards, soulignant la diversité de sa carrière et ses liens avec de prestigieuses maisons d’opéra.

En dépit de l’absence d’un contrat régulier avec une major du disque, sa discographie s’élevait à plus de 70 intégrales d’opéra en CD et une dizaine en DVD. En 2010, un double CD présentant des extraits de ses prestations à la Monnaie avait été publié.

Toute l’équipe de Musiq3 présente ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de José Van Dam. Musiq3 adapte ses programmes pour rendre hommage à l’une des plus grandes figures du monde lyrique belge.