Jeudi en Prime : Boris Dilliès (MR) évoque ses ambitions politiques
Boris Dilliès (MR), ministre-président bruxellois, a présenté sa déclaration politique régionale, exposant les projets de son gouvernement d’ici la fin de la législature, après 613 jours nécessaires pour former un gouvernement. La nouvelle équipe gouvernementale bruxelloise est constituée de sept partis politiques, comprenant trois francophones (MR, PS et Engagés) et quatre partis flamands (Groen, Vooruit, Anders et CD&V).
Lundi, Boris Dilliès (MR), le nouveau ministre-président bruxellois, a présenté sa déclaration politique régionale, qui détaille les actions que son gouvernement compte entreprendre d’ici la fin de la législature.
Les projets annoncés par la nouvelle majorité n’ont pas réussi à convaincre l’opposition. Boris Dilliès a rétorqué : « L’opposition est là pour s’opposer. » Il a exprimé sa satisfaction de voir l’opposition avoir « de manière claire, de quoi s’opposer », soulignant que cela témoigne de la fin de la crise après 600 jours, faisant référence aux 613 jours nécessaires pour former un gouvernement suite aux élections de juin 2024.
Le ministre-président a indiqué qu’il est « assez fier » du programme de son gouvernement.
### Une coalition à sept partis aux sensibilités différentes
La nouvelle équipe gouvernementale bruxelloise compte sept partis politiques : trois francophones (MR, PS, Engagés) et quatre partis flamands (Groen, Vooruit, Anders, CD&V). Cette diversité politique posera-t-elle la question de la capacité à dépasser les compromis mou ou les blocages ? Boris Dilliès répond que « la déclaration politique est resserrée, mais ça ne l’empêche pas d’être ambitieuse ».
Il a également rappelé qu’il ne reste que peu de temps avant la fin de la législature, avec déjà plus de 600 jours écoulés. « Il n’est pas choquant que la déclaration de politique générale soit adaptée à l’air du temps et qu’on ne se voile pas la face », a-t-il affirmé.
Concernant les compromis nécessaires en raison des sept partis, il a précisé que « compromis ne veut pas dire compromission ». Malgré les tensions survenues lors des négociations, notamment entre le PS et le MR, Boris Dilliès a affirmé travailler « en confiance avec l’ensemble des partenaires autour de la table ». Selon lui, après 600 jours de crise, « il y a une réelle prise de conscience au niveau de l’ensemble des décideurs politiques ».
### Rationalisations et économies dans le but d’équilibrer le budget
La nouvelle majorité bruxelloise se concentre sur des efforts budgétaires, visant à atteindre un équilibre budgétaire d’ici 2029. « La ligne principale, c’est d’essayer de faire en sorte d’être, certes, plus efficace », a déclaré Boris Dilliès, en soulignant la nécessité de rationaliser. Il a mentionné qu’il existe plus de 23 organismes à Bruxelles avec des missions parfois redondantes et qu’il est prévu de les regrouper en trois piliers.
Après l’accord de gouvernement, plusieurs négociateurs ont assuré qu’il n’y aurait pas de licenciements dans les administrations bruxelloises. « Vous avez une série de départs à la pension qui ne seront pas remplacés », a précisé le ministre-président.
En termes d’économies, il a ciblé les « subsides », annonçant que les fonds seront mieux orientés. Par exemple, les subsides alloués pour l’installation de nichoirs seront révisés : « La biodiversité est essentielle, mais vous avez comme ça toute une série de mesures d’économies qu’on doit pouvoir faire. » L’objectif est d’atteindre plus d’un milliard d’euros d’économies.
### Good Move ou pas Good Move ?
Concernant le plan Good Move, le plan de mobilité bruxellois, les avis divergent. Du côté du MR, on annonçait la fin du plan, tandis que Groen affirmait que la philosophie demeurait, bien que le nom change. Boris Dilliès a indiqué qu’il voyait des éléments positifs dans le plan, comme « la sécurisation aux abords des écoles ».
Il a néanmoins souligné la nécessité de changer « la méthode » et la manière dont les concertations ont été menées, notant qu’elles se faisaient parfois uniquement avec ceux déjà en accord. Il a exprimé le souhait d’une concertation plus large avec les commerçants et les navetteurs : « Je ne vois pas le navetteur comme un ennemi », a-t-il insisté.
Concernant les blocs de béton dans les rues, il a affirmé qu’il est « prévu de les retirer », promettant une action rapide mais réfléchie.
### Les défis de la sécurité dans la capitale
La sécurité à Bruxelles est un élément clé de l’accord de gouvernement. La première visite officielle de Boris Dilliès a eu lieu à la gare du Midi en compagnie du ministre de l’Intérieur. Il a évoqué l’instauration d’un « commissaire antidrogue qui dépendra de la Région » et d’un « rôle de coordination du ministre-président avec Safe. Brussels et le procureur ». « Aujourd’hui, force est de constater qu’il y a beaucoup de forces qui ne travaillent pas de manière suffisamment coordonnée », a-t-il noté, ajoutant que les bourgmestres doivent également être impliqués. Il a également mentionné les 10 millions d’euros alloués au « plan gares ».
Sur la fusion des zones de police bruxelloises, Boris Dilliès, qui avait été opposé en tant que bourgmestre d’Uccle, a déclaré : « C’est le fédéral qui est compétent. » Il a appelé à alimenter cette réforme pour qu’elle puisse réellement améliorer la sécurité pour tous les Bruxellois, même s’il admet n’avoir pas « changé d’idée » sur cette réforme.
### Crise du logement à Bruxelles
La région bruxelloise fait face à une crise du logement, avec 59.000 ménages en attente d’un logement social. Boris Dilliès a indiqué qu’il est prévu de « rénover du bureau en logement ».
Face à la flambée des prix, il a mentionné des mesures fiscales, notamment l’augmentation de la prime Be Home relative au précompte immobilier, ainsi que des modifications de l’abattement pour les droits d’enregistrement lors de l’achat d’un premier bien. Boris Dilliès a souligné que ces ajustements seront « pas simples à mettre en route », mais « complets », car ils répondent aux enjeux de la classe moyenne et des personnes en attente de logement social.
### « We zullen zien »
Critiqué par la presse néerlandophone pour sa méconnaissance du néerlandais, Boris Dilliès reconnaît que ces critiques sont « légitimes ». Il a souligné l’importance pour un ministre-président de s’adresser correctement aux deux communautés, affirmant : « J’y travaille d’ores et déjà », sans toutefois fournir de calendrier précis.

