Belgique

Jérôme de Warzée : ‘Une journée sans rire est perdue’

Jérôme de Warzée affirme n’avoir « jamais eu l’impression de dépasser des limites intolérables » dans son approche de la satire politique. Il a vu « The Cure, c’est le premier groupe que j’ai aimé », dix ou douze fois en concert.

Écrire avant tout, même devant un match de foot

Pour se définir, Jérôme de Warzée commence par l’essentiel : « Auteur, certainement d’abord« . L’écriture a toujours été son point de départ. « J’ai toujours, par le prisme de l’écriture, fait un peu ce métier. Au départ, j’avais envie d’écrire« . Il accepte sans détour les étiquettes : « Si on me dit que je suis un petit comique, je suis très content. Si on me dit que je suis un grand auteur, je le suis aussi« .

Son rapport à l’écriture est rigoureux et décomplexé. Il évoque un rituel personnel : écrire devant un match de football diffusé en arrière-plan, le son coupé. Une manière, dit-il, de travailler dans un environnement qui ne capte pas toute son attention mais l’oblige à rester concentré sur le texte. Malgré l’humour apparent, son travail est immense. « Si je faisais un Grand Cactus par an, je l’écrirais pendant dix mois et je reviendrais soixante fois dessus« .

La cadence imposée par la télévision est considérable : « Les gens ne se rendent pas du tout compte de ce qu’on fait, c’est très compliqué« .

Satire politique : trouver l’équilibre et « taper sur tout le monde »

La satire politique occupe une place centrale dans son travail, mais Jérôme de Warzée l’envisage surtout comme un espace de liberté. Une liberté qu’il tient à souligner. « Je rends toujours hommage à la RTBF de nous laisser cette liberté complète« , affirme-t-il. « C’est vrai qu’on ne nous bride absolument pas« .

Pour lui, les limites de l’humour ne sont jamais fixes. « Chaque spectateur, chaque téléspectateur a son propre curseur et se les met lui-même« . Ce qui peut choquer certains sera imperceptible pour d’autres. Clairement, il n’a « jamais eu l’impression de dépasser des limites intolérables« , tout en étant conscient que la perception varie. Sa ligne reste claire et assumée : « Finalement, on tape un peu sur tout le monde« .

Derrière le satiriste qui scrute et analyse le monde politique, se trouvent également des refuges plus personnels, loin des commentaires d’actualité.

Musique, héritage et retour sur scène

En ce qui concerne la musique, Jérôme de Warzée va droit au but : « The Cure, c’est le premier groupe que j’ai aimé ». Il les a vus « dix ou douze fois en concert » et défend avec passion les groupes de reprises, qui peuvent parfois être « meilleurs que les vrais« , tant leur niveau d’exigence est élevé.

Loading…le 11 juin 2026 au Zénith de Lille et le 20 juin 2026 à l’ING Arena de Bruxelles. Un retour très attendu après le triomphe de leur spectacle à Forest National en 2023, qui avait affiché complet.

Pour Jérôme de Warzée, cette interaction directe avec le public reste irremplaçable. « C’est ce qu’on préfère faire tous« , affirme-t-il. Alors que la télévision est « très chronophage« , la scène offre un contact immédiat, presque physique. Il décrit cette expérience unique : « Vous avez les 7000, 8000 rires qui arrivent dans les pieds et qui vous remontent dans le corps. C’est une expérience à vivre extraordinaire« .

Pour lui, faire rire n’est jamais simplement un métier, c’est une nécessité : « Une journée où je ne fais pas rire, c’est une journée perdue« .

Avant de conclure cette rencontre et les recommandations culturelles de Françoise Baré, Jérôme de Warzée partage son coup de cœur actuel : Pluribus, une série de science-fiction américaine où une intelligence artificielle prend peu à peu le contrôle de la population mondiale. Une thématique qui résonne avec son regard plus prudent sur l’application de l’IA à l’humour : « Pour l’instant, ça n’est pas du tout au point« .

Une chose est certaine : votre rendez-vous culturel de la RTBF, lui, est bien rôdé et reviendra la semaine prochaine, sur La Une et en streaming sur RTBF Auvio.