Jean-Pascal van Ypersele dénonce des cas d’agressions sexuelles à l’UCLouvain: « Je ne peux pas rester silencieux »

Depuis quelques semaines, les universités belges – notamment au nord du pays – sont touchées par une vague de révélations d’agressions sexuelles en leur sein. Dans les colonnes de nos confrères du Morgen, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele révèle ce lundi des comportements similaires à l’UCLouvain, où il officie en tant que professeur.

Le docteur en sciences physiques confie être au courant d’une douzaine de cas, touchant au moins six facultés différentes.  » Les témoignages sont fondés. Il ne s’agit pas de rumeurs et de ragots « , insiste le professeur. Les agressions en question varient entre des blagues déplacées sur la tenue de collaboratrices ou étudiantes, des mains aux fesses, des avances sexuelles, voire des agressions physiques (coups, embrassades forcées…). Une tentative de viol aurait même été rapportée.

Impunité flagrante

Ce qui alerte le membre du GIEC, c’est surtout le manque criant de réaction de la part des autorités universitaires, pourtant généralement au courant des faits.  » Les victimes ont été bâillonnées dans au moins trois cas « , explique-t-il.  » Jamais il n’y a de sanctions dignes de ce nom. Par exemple, l’homme qui a forcé une femme à l’embrasser est devenu doyen par la suite « , déplore le professeur.

Selon l’expert, les auteurs des faits sont souvent des hommes occupant des postes à responsabilité, qui sont protégés par le rectorat en cas d’accusation. Certaines victimes sont d’ailleurs intimidées ou menacées pour éviter que des plaintes soient déposées à l’encontre de collaborateurs de l’université.

« Il faut que cela cesse »

Si le climatologue émérite prend aujourd’huila parole, ce n’est pas pour « mettre au pilori » certains de ses collègues, mais bien pour mettre un terme à l’engrenage et au système en place.  » Je dois absolument préparer mon travail pour le panel climatique de l’ONU, mais il faut aussi que je traite de ces questions. Je ne peux pas rester silencieux « , martèle-t-il.  » Ce que vivent ces femmes à l’UCLouvain est d’une injustice flagrante. Il faut que cela cesse. Je ne me pardonnerais pas si je gardais le silence. Je ne veux pas être de ceux qui détournent le regard du mouvement #MeToo à l’université parce que c’est plus confortable », conclut Jean-Pascal van Ypersele.