Belgique

Jean-Luc Crucke affirme que les Engagés ne sont pas scotchés au MR.

Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, a déclaré que le Mouvement Réformateurs a subi de profondes transformations, notant qu’il y a au sein de la direction du MR une ligne de droite que son président appelle « droite populaire ». Après le départ de Michel De Maegd, Jean-Luc Crucke a souligné que ce transfert ne remet pas en question la collaboration entre le MR et les Engagés, précisant : « Il n’a jamais été question de changer de partenaire, il y a des accords qui ont été négociés. »


Près de quatre ans après son départ du MR, le ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale jette un œil sur l’évolution du parti où il a commencé sa carrière. Selon Jean-Luc Crucke, le Mouvement Réformateurs a connu de profondes transformations : « On peut simplement constater – et ça, je pense que personne ne le contestera – qu’il y a au sein de la direction du MR une ligne de droite, que son président appelle ‘droite populaire’, qui est là. »

Il précise : « Cette droite populaire, c’est un mouvement un peu européen. Vous voyez ça en France avec Bruno Retailleau, Nicolas Sarkozy, etc. Démocratiquement, ce mouvement est légitime. Mais ce n’est pas ma sensibilité. »

Jean-Luc Crucke ne se retrouve plus dans le parti où il a passé près de 40 ans : « Moi, je suis un libéral. Et je trouve que les libéraux aujourd’hui, ils trouvent leur place dans cette famille centriste des Engagés où l’on doit réunir le centre droit, le centre gauche et le centre vert. Je suis de ceux qui considèrent qu’on doit réunir les gens plutôt que les opposer et j’ai une crainte de cette dualisation à la société. Quand on est à droite, on devient très à droite. On est à gauche, on est très à gauche. Ce n’est pas ma manière de vivre, ni d’être dans la société. »

Pour le ministre hennuyer, le MR a opéré un recentrage vers une droite plus affirmée : « Il y a des changements sur des marqueurs idéologiques, des marqueurs politiques. Il y a ce changement idéologique vers la droite. Et moi, je ne suis pas quelqu’un de droite conservatrice, je suis un libéral », répète l’ancien bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing.

Il ajoute : « Il y a ce changement. Et je ne le critique pas, je dis qu’il est légitime. Mais cela fait 4 ans que je suis dans cette famille des Engagés, et je m’y sens parfaitement bien. Je trouve non seulement le sens de la nuance, mais aussi le sens du débat. »

Après le départ soudain de Michel De Maegd hier, la question se pose quant aux relations entre le MR et les Engagés, qui sont pourtant partenaires en Wallonie et au niveau fédéral. Bien qu’aucune réaction officielle n’ait encore été formulée par Georges-Louis Bouchez et son parti, cette annonce pourrait compliquer les relations entre les libéraux francophones et l’ex-cdH.

Jean-Luc Crucke assure toutefois que ce transfert ne remet pas en question la collaboration entre les deux partis : « Il n’a jamais été question de changer de partenaire, il y a des accords qui ont été négociés. J’ai été moi-même acteur des accords sur le plan fédéral. Et ces accords seront respectés. »

Néanmoins, cet épisode souligne bien que la coalition azur est constituée de deux partis distincts : « Si certains pensaient que les Engagés étaient scotchés au MR, ils ont bien compris aujourd’hui que ce n’est pas du tout le cas. Nous avons notre ligne de conduite. Et notre ligne de conduite, on la défend. Il y a des énormes différences entre les uns et les autres. Et c’est la démocratie. Mais les accords qui ont été signés seront respectés. »

Le départ de Michel De Maegd risque cependant de créer des conséquences au sein du MR. Rien n’est moins sûr, mais plusieurs personnes ont déjà pris cette décision : on apprend ce matin que trois représentants du MR de Brugelette, près de Ath dans le Hainaut, ont décidé de rompre avec le MR pour siéger comme indépendants.

Jean-Luc Crucke commente : « Michel De Maegd lui-même l’a dit : la raison pour lesquelles il a quitté le MR, ce sont ses valeurs. Ses valeurs, il ne les retrouvait plus au sein du MR. Alexia Bertrand également… Quand vous perdez Alexia Bertrand, quand vous perdez Michel De Maegd, quand vous perdez modestement le vieux cheval que je suis… Peut-être qu’il faut se poser des questions… »

Va-t-on voir certains profils libéraux glisser vers les Engagés ? Y a-t-il un intérêt pour le mouvement de centre-droit de récupérer les déçus du MR ? « On le voit au niveau local, il y a des personnes qui bougent. Nous, on n’essaie pas de capter. On essaie de garder ce que nous sommes en termes de valeurs. Et ce sont ces valeurs-là qui peuvent être attractives », précise le ministre. « La question maintenant est de savoir comment faire pour que demain, les Engagés deviennent – à travers ce centre fort, ce centre de nuances, mais un centre offensif – le premier parti francophone de ce pays. »