Jan Jambon et Elio Di Rupo parlent de tout sauf de… la formation fédérale (Mise à jour)

Les ministres-présidents flamand et wallon, Jan Jambon (N-VA) et Elio Di Rupo (PS), se sont rencontrés mercredi matin pour échanger sur une série de dossiers revêtant une importance pour la Flandre et la Wallonie.

Au menu: Brexit, relations internationales, climat, 5G et emploi. Par contre, pas un mot sur les pourparlers en vue de la formation d’un gouvernement fédéral. Après un premier contact informel la semaine dernière lors d’une visite royale à Luxembourg, les deux hommes se sont retrouvés officiellement à Bruxelles sous les ors de l’Hôtel Errera, la résidence de fonction de M. Jambon.

« Je suis heureux et honoré que nous ayons pu échanger si rapidement sur plusieurs dossiers d’importance pour nos deux entités », a commenté le ministre-président flamand après l’entretien.

« Nous sommes aujourd’hui dans le fédéralisme tel qu’il existe en Belgique et nous devons donc intensifier les dynamiques positives dans l’intérêt des populations vivant en Flandre et en Wallonie. Notre objectif est d’essayer de mettre en place une collaboration et une compréhension mutuelle pour en tirer profit, c’est du win-win », a pour sa part déclaré M. Di Rupo.

Au cours de cette rencontre, qualifiée « d’agréable » par les deux protagonistes, Jan Jambon a notamment convenu avec son homologue wallon d’une approche commune sur la question du Brexit. Tant l’un que l’autre plaident pour un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’UE, mais aussi pour que la parole de la Flandre et de la Wallonie sur le sujet soit suffisamment portée par le fédéral au niveau européen.

Dans le même ordre d’idée, ils souhaitent que les Régions – qui ont hérité de nombreuses compétences en matière de relations internationales depuis 1980 – bénéficient d’un meilleur accès aux ambassadeurs belges à travers le monde. « En ce qui concerne nos compétences exclusives, nous devons avoir le même accès que le fédéral aux ambassades », a insisté M. Jambon.

Autre thématique abordée lors de cet entretien: l’emploi. Face à la pénurie de main d’oeuvre récurrente en Flandre et au chômage trop important en Wallonie, MM. Di Rupo et Jambon ont exprimé leur souhait de renouveler, mais aussi de renforcer l’accord existant entre le VDAB et le Forem.

« Nous pensons qu’il y a des possibilités de mieux rencontrer les demandes de la Flandre et aussi d’aider des personnes qui sont en Wallonie », a commenté le ministre-président wallon.

Sur la question climatique et le déploiement de la 5G, le socialiste et le nationaliste se sont par contre limités à un échange de vues sur les mesures respectivement prévues au sud et au nord du pays.

S’ils ont abordé de nombreux dossiers, les ministres-présidents assurent toutefois ne pas avoir échangé sur les discussions au fédéral.

« Je ne suis plus président du PS et mon collègue n’est pas candidat à la présidence de la N-VA », a lancé Elio Di Rupo. « Les pourparlers fédéraux sont suffisamment complexes, sans que nous ayons besoin de nous en mêler », a renchéri Jan Jambon.

Très satisfait de sa rencontre avec son homologue wallon, M. Jambon a exprimé le souhait que des entretiens réguliers dans ce format puissent être réalisés. Il a par ailleurs indiqué qu’il comptait aussi inviter le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort, et celui de la Communauté germanophone, Oliver Paasch, pour des bilatérales.