« J’ai été piégé »: Mehdi Nemmouche est sorti brièvement de son silence avant que le jury n’entre en délibération

Belgique

L’accusé de la tuerie au Musée juif de Belgique, Mehdi Nemmouche, a eu mardi une dernière fois l’occasion de s’exprimer avant que le jury de la cour d’assises de Bruxelles entre en délibération. Ils vont désormais devoir répondre à 56 questions au sujet de Mehdi Nemmouche ainsi que Nacer Bendrer.

« J’ai été piégé et Me Courtoy vous a expliqué les raisons pour lesquelles je me suis tu depuis le début », a maintenu Mehdi Nemmouche ce mardi. « Ne percevez pas cela comme une attitude irrespectueuse, je n’ai pas voulu être licencieux. Si c’était à changer, je changerais tout. Je vous remercie pour votre attention pendant deux mois », a-t-il laconiquement adressé aux jurés.

Bendrer : « C’est un cauchemar pour moi »

Nacer Bendrer, l’autre accusé, a lui été plus prolixe. « Je vais vous dire que j’ai peur d’être devant vous. Cette histoire, c’est un cauchemar pour moi. J’ai rien à voir, je suis innocent. Je ne sais pas même pas ce que je fais dans cette histoire », a -t-il clamé debout face au jury.

« J’ai répondu à une personne qui m’a appelé et demandé une arme, et j’ai pas fourni d’arme. J’ai fait des conneries dans ma vie, c’est vrai, mais je n’ai strictement rien à voir avec cette histoire. Mais je comprends, il y a des victimes qui ont perdu la vie », a-t-il poursuivi.

Nacer Bendrer a ensuite déploré que l’accusation l’ait « traité de tous les noms », de « caïd », puis il a eu un mot pour ses avocats. « Quand j’ai vu ces deux personnes [prenant la parole pour le défendre], ils m’ont touché grave! J’ai senti leur humanisme, ils avaient les larmes aux yeux » après leur réplique.

« Je me suis fait arnaquer en toute beauté », a-t-il poursuivi. « On dit souvent: ‘les mensonges prennent l’ascenseur et la vérité l’escalier’. Mais ce n’est pas à moi de vous dire que mes avocats ont dit la vérité et que les procureurs ont menti. C’est vous les jurés. »

« On est pas au théâtre. J’ai toujours répondu, je me suis exprimé et je vous ai dit la vérité en vous regardant droit dans les yeux. Moi, je vais vous dire: j’ai une vie qui m’attend, j’ai une femme qui m’attend. Aujourd’hui j’ai peur, parce que je me dis que peut-être vous n’avez pas compris, mais je n’ai rien à voir. Vous êtes là, vous allez juger ma vie. Vous avez entendu l’enquête comme moi, vous avez ma vie entre vos mains. »

« Une valeur de précédent »

« C’est un procès un peu historique, c’est le premier procès d’un attentat commis par l’Etat islamique sur le sol européen, donc évidemment ça aura une valeur de précédent », avait commenté à son arrivée au palais de justice de Bruxelles Me Lys, qui représente l’Association française des victimes du terrorisme. « Ceux qui ont été victimes à Paris le 13 novembre 2015, ceux qui ont été victimes à Bruxelles le 22 mars 2016 nous regardent. Ils regardent ce qu’il se passe ici. Il faut leur montrer qu’on peut leur rendre justice dans des conditions sereines », a-t-il rappelé.

Les douze jurés effectifs et les trois juges entrent donc en délibération, où ils ont 56 questions auxquelles répondre afin de délibérer sur la culpabilité ou non des deux accusés.

Voici les tweets de notre journaliste Christophe Lamfalussy