Jacques Monsieur n’a pas tenté de se soustraire à sa condamnation, selon ses avocats

Judiciaire

La décision de Jacques Monsieur de partir au Portugal « a uniquement été motivée par des considérations familiales et jamais il n’a voulu devenir un fugitif », ont déclaré lundi les conseils de l’intéressé, Daniel Spreutels et Bernard Maingain. Jacques Monsieur avait été condamné en octobre dernier par la cour d’appel de Bruxelles à quatre ans de prison pour trafic d’armes. Il avait quitté la Belgique pour la France puis le Portugal en avril dernier, bien qu’il devait se présenter à la prison pour purger sa peine. Jacques Monsieur se trouve actuellement à la prison de Saint-Gilles où il attend la décision concernant le lieu de détention qui lui sera assigné, selon ses avocats.

« Au mois d’avril, Jacques Monsieur a demandé à ses conseils de solliciter une remise de la délivrance du billet d’écrou auprès du Parquet fédéral, ce qui lui fut refusé. Nonobstant les recommandations de ses conseils, il a préféré ne pas se présenter immédiatement à un centre de détention, prenant le risque d’un mandat d’arrêt international », ont expliqué les avocats via communiqué. « Cette décision qui lui était préjudiciable a uniquement été motivée par des considérations familiales et jamais Jacques Monsieur n’a voulu devenir un fugitif », ont-ils dit.

« Jacques Monsieur conteste formellement l’image dévoyée de plus grand trafiquant au monde dont on l’affuble. […] Il espère livrer un jour sa vérité sur sa vie et la soumettre à l’appréciation de ceux qui s’intéressent à son parcours », ont encore ajouté ses conseils.

Le 19 octobre dernier, Jacques Monsieur a été condamné par la cour d’appel de Bruxelles à une peine de quatre ans de prison et à une amende de 1,2 million d’euros pour trafic illicite d’armes et participation à une organisation criminelle.

Jacques Monsieur s’était ensuite pourvu en cassation mais la Cour a rejeté sa requête. Il avait alors, selon ses avocats, demandé un report de la délivrance de son billet d’écrou, ce qui lui a été refusé.

Ayant épuisé tous les recours possibles, il devait donc se présenter à la prison pour purger sa peine mais il est parti en France puis au Portugal où il possède un haras. La Belgique a alors émis un mandat d’arrêt international à son encontre.

L’homme a finalement été interpellé au Portugal le 14 août dernier puis transféré vers la Belgique le 23 août.

Plus précisément, la police a tout d’abord retrouvé sa trace à Tarascon, dans le sud de la France où il possédait un mas qu’il a revendu en mars dernier. La police a ensuite découvert qu’il se trouvait au Portugal, en remontant la piste d’un transport de chevaux qui sont la passion de Jacques Monsieur. Ce dernier a été retrouvé dans un abri secret à l’intérieur d’une grande maison de campagne à côté de ses écuries, par le FAST (Fugitive Active Search Team) portugais.

Pour rappel, la cour d’appel de Bruxelles a reconnu Jacques Monsieur coupable d’avoir servi d’intermédiaire dans des ventes de fusils d’assaut, de cartouches, d’avions de chasse ou encore de chars d’assaut à destination notamment du Tchad, de l’Iran, de l’Indonésie et de la Mauritanie, entre 2006 et 2009.

Face aux juges, Jacques Monsieur a soutenu avoir cessé ses activités de marchand d’armes depuis le début des années 2000 mais disait avoir néanmoins été recontacté par d’anciennes connaissances du milieu, des explications qui n’ont pas convaincu la cour d’appel. Elle a estimé que le prévenu « manquait de toute crédibilité ».

Jacques Monsieur, âgé de 65 ans, est surnommé « the fox » ou « le maréchal ». Il avait été condamné aux Etats-Unis en 2010 dans un dossier lié à l’affaire Iran-Contra, qui concernait la vente illicite d’armes iraniennes à des groupes rebelles. Son nom avait aussi été cité dans l’affaire Elf-Aquitaine. Il était soupçonné d’avoir livré, au nom de la compagnie pétrolière française Elf, des armes à Pascal Lissouba, alors président du Congo-Brazzaville, fin des années 1990, lors de la guerre civile congolaise.