Belgique

J-1 avant le second tour des municipales en France : élection test un an avant la présidentielle

L’immense majorité des 35.000 communes de France a déjà choisi son maire lors d’un premier tour marqué par une abstention historique de 42% (hors période du Covid). Dix candidats du Rassemblement national (RN) ont été réélus, et 14 autres l’ont emporté au premier tour.


L’immense majorité des 35 000 communes françaises a déjà élu son maire lors d’un premier tour marqué par une abstention historique de 42 % (hors période COVID).

Cependant, certaines communes attendent encore les résultats de leur scrutin, avec l’élection d’un maire ou d’une mairesse qui influencera les politiques locales.

L’extrême droite, grande gagnante des élections municipales ?

Considéré comme favori par les sondages pour le premier tour de la présidentielle de 2027, le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) vise à renforcer sa présence au niveau local, après être devenu le premier parti de France aux législatives de 2024.

Dix de ses candidats ont été réélus, et 14 autres ont remporté le scrutin dès le premier tour.

Le RN sera en lice dans 260 communes ce dimanche, mais il se présentera souvent seul et sans un grand potentiel de voix : la « main tendue » à la droite, proposée par son président Jordan Bardella au soir du premier tour, n’a suscité que peu de réponses.

À Marseille (sud-est), son candidat Franck Allisio a approché le maire de gauche sortant Benoît Payan (36,7 % contre 35 %).

Cependant, conquérir la deuxième ville de France s’annonce compliqué, car son adversaire bénéficie du retrait du candidat de la gauche radicale Sébastien Delogu (11,9 %) et du maintien de Martine Vassal, candidate de la droite et du centre (12,4 %). Un sondage diffusé vendredi a donné Benoît Payan en avance au second tour (53 % contre 39 % pour Franck Allisio).

Le RN a aussi les yeux rivés sur Toulon (sud-est, 180 000 habitants), où sa députée Laure Lavalette (42,05 %) devance ses adversaires d’au moins 12 points. En cas de succès, la ville deviendrait la plus grande dirigée par le RN.

Le parti pourrait également voir un de ses alliés, Eric Ciotti, transfuge de la droite traditionnelle, remporter Nice, cinquième ville de France (360 000 habitants).

Suspense à Paris

À Paris, la semaine entre les deux tours a ravivé le suspense. Un changement à la tête de la capitale, dirigée par la gauche depuis 25 ans, serait porteur de symboles forts.

Le socialiste Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo, est arrivé largement en tête du premier tour (38 %) devant Rachida Dati (25 %), ancienne ministre sous Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Cependant, à deux jours du scrutin, un sondage indiquait un duel serré (45,5 % pour M. Grégoire, 44,5 % pour Mme Dati).

Emmanuel Grégoire a refusé de s’allier à la candidate de la gauche radicale Sophia Chikirou (11,72 %), qui s’est maintenue, tandis que Rachida Dati a levé les obstacles à droite.

Cette figure incontournable de la vie politique – qui comparaîtra en septembre pour corruption et trafic d’influence passifs – a enregistré le ralliement du candidat de centre-droit Pierre-Yves Bournazel (11,34 %) et le désistement de la candidate d’extrême droite Sarah Knafo (10,4 %), qui a appelé à « chasser la gauche ».

Elle bénéficie également du soutien implicite de la cheffe de file du RN, Marine Le Pen, qui a incité ses électeurs à « faire barrage » à la gauche.

Les appareils de la droite traditionnelle sont face à un dilemme concernant d’éventuelles alliances avec l’extrême droite. Au second tour, seules trois communes ont connu des fusions de listes de droite et d’extrême droite.

À gauche, fusions et confusion

Le Parti socialiste (PS) semble également en difficulté pour clarifier ses relations avec ses rivaux de la gauche radicale (La France insoumise, LFI), en pleine tourmente ces derniers mois après la mort d’un militant d’ultra-droite à Lyon lors d’une confrontation avec des militants antifascistes et face aux accusations d’antisémitisme visant son leader Jean-Luc Mélenchon.

Bien que le dirigeant socialiste Olivier Faure ait exclu tout « accord national » avec LFI, plusieurs de ses candidats ont fusionné avec des listes LFI, notamment à Lyon (troisième ville de France) et Nantes (ouest). D’autres se sont également ralliés au candidat LFI arrivé en tête, notamment à Toulouse (quatrième ville du pays).

« Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination, ni racisme, ni antisémitisme« , a justifié M. Faure.

Ces accords locaux ont été bien accueillis par certains à gauche, tandis qu’ils ont suscité colère et confusion chez d’autres. Un allié des socialistes, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, a dénoncé des fusions ni « éthiquement justes » ni « électoralement payantes ».

Pour beaucoup, ces accords pourraient influencer les positions respectives avant les prochaines élections présidentielles.

Un candidat déjà déclaré pour 2027 pourrait sortir renforcé : l’ancien Premier ministre de centre-droit Édouard Philippe, qui se trouve en bonne posture pour être réélu maire du Havre (nord-ouest).