Iran : mobilisation persistante, ONG craignent répression brutale, États-Unis « prêts à aider »
Des manifestations ont débuté samedi soir en Iran, malgré la coupure nationale d’internet, des Iraniens se rassemblant notamment dans un quartier du nord de Téhéran. Depuis le début de la contestation le 28 décembre, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués, selon l’organisation Iran Human Rights.
De nouvelles manifestations contre le pouvoir ont commencé samedi soir en Iran, malgré la coupure nationale d’internet et la répression. Des Iraniens se sont rassemblés dans un quartier du nord de Téhéran, comme l’atteste une vidéo authentifiée par l’AFP.
Des feux d’artifice ont été tirés au-dessus de la place Punak, à Téhéran, tandis que des manifestants tapaient sur des casseroles et chantaient des slogans en soutien à la dynastie Pahlavi, renversée par la Révolution islamique en 1979, selon la vidéo.
Des ONG ont déploré des dizaines de morts depuis le début du mouvement fin décembre, alors que la République islamique est confrontée à l’un de ses plus grands défis depuis sa création en 1979.
Les Iraniens sont privés d’internet depuis 36 heures suite à une coupure imposée par les autorités sur tout le territoire, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.
Dans ces circonstances, peu d’informations circulent.
La coupure d’internet sert, selon les cinéastes iraniens dissidents Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, « à dissimuler les violences infligées lors de la répression », appelant la communauté internationale à « mettre en place des moyens de communication » pour suivre la situation.
La lauréate du Prix Nobel de la paix 2003, l’avocate iranienne en exil Shirin Ebadi, a exprimé sa crainte d’un « massacre sous le couvert d’un black-out total », de nombreuses capitales occidentales condamnant l’utilisation de la force contre des manifestations « pacifiques ».
« C’est le prix à payer pour la victoire du peuple », a déclaré un habitant de Téhéran au sujet de la coupure d’internet.
Depuis le début de la contestation, le 28 décembre, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont perdu la vie et des centaines d’autres ont été blessés, selon l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège.
Cette dernière a diffusé des images montrant, selon elle, des corps de manifestants empilés au sol dans un hôpital de Téhéran.
L’ONG Amnesty International a déclaré analyser des éléments « inquiétants » semblant montrer une intensification de la répression au cours des derniers jours.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé samedi que l’Europe « soutenait pleinement » les manifestations massives en Iran et condamnait la « répression violente » contre les participants.
« Les rues de Téhéran et des villes du monde entier résonnent des pas des femmes et des hommes iraniens qui réclament la liberté. La liberté de parler, de se rassembler, de voyager et, surtout, de vivre librement. L’Europe se tient pleinement à leurs côtés », a déclaré Mme von der Leyen dans une déclaration en ligne.
« Nous condamnons sans équivoque la répression violente de ces manifestations légitimes. Les responsables resteront dans les mémoires du mauvais côté de l’histoire », a-t-elle ajouté.
Donald Trump a déclaré samedi que l’Iran « aspirait à la liberté » et que les États-Unis « se tenaient prêts à aider ».
« L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les États-Unis se tiennent prêts à aider!!! », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

