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Iran : le régime menace d’une répression « encore plus cinglante » qu’en janvier.

Le chef de la police iranienne a déclaré que « tous les membres de notre équipe ont le doigt sur la gâchette ». Les Gardiens de la Révolution ont ajouté que si des manifestations de contestation au régime étaient constatées dans le pays, la réponse serait « encore plus cinglante que celle du 8 janvier ».

« Tous les membres de notre équipe ont le doigt sur la gâchette« , a déclaré le chef de la police iranienne plus tôt cette semaine. Dans ce contexte, les opposants craignent que chaque manifestant puisse être qualifié de « traître« , avec le risque qu’ils puissent « être exécutés sur-le-champ« .

Une répression « encore plus cinglante que celle du 8 janvier« 

« Aujourd’hui, l’ennemi, incapable d’atteindre ses objectifs militaires sur le terrain cherche de nouveau à instiller la terreur et provoquer des émeutes« . Ces mots proviennent des Gardiens de la Révolution iraniens, faisant référence à des propos tenus jeudi par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui soutenait que l’offensive actuelle contre l’Iran avait pour but de donner aux Iraniens les moyens de « faire tomber le régime« .

Les Gardiens de la révolution ont communiqué ce vendredi via la télévision d’Etat relayant les messages du régime en place. Ils ajoutent que si des manifestations de contestation au régime apparaissent dans le pays, la réponse sera » encore plus cinglante que celle du 8 janvier« .

Des massacres qui avaient fait des milliers de morts

Cette allusion au « 8 janvier » constitue une menace directe pour les citoyens iraniens tentés par la contestation du régime de la République islamique. Elle fait référence à la vague de répression meurtrière lancée par les autorités iraniennes pour étouffer les manifestations de contestation qui avaient repris fin 2025 en Iran. Des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées à travers plusieurs villes pour demander plus de respect des droits humains et des changements fondamentaux dans le système politique.

Le 8 janvier 2026, les Gardiens de la Révolution avaient ouvert le feu avec des armes de guerre sur les manifestants. Entre le 28 décembre et le 18 janvier, un nombre très élevé d’Iraniens ont été tués. Le régime avance le chiffre minimal de « 3117 morts« .

L’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a comptabilisé « au moins 7007 tués« , indiquant qu’il s’agissait d’un bilan provisoire, certains actes de décès étant inaccessibles. Des sources indépendantes, liées au secteur médical iranien, ont communiqué à plusieurs médias des témoignages et des estimations du nombre réel de victimes de cette répression sans précédent, qui pourrait dépasser les 30.000 morts.

Iran, la révolte massacrée / Le témoignage d’un manifestant iranien

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« Le régime a coupé les communications internet« 

Mahan Taraj est une juriste d’origine iranienne, fondatrice du podcast « l’Iran décrypté » et porte-parole du Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI), une association qui milite pour promouvoir « les droits de l’Homme en Iran« . Elle vise aussi à « soutenir les partis et les organisations qui luttent pour la démocratie » dans le pays avec le slogan : « Un Iran libre, démocratique, laïc, sans peine de mort ni torture.« 

L’organisation dénonce également les violations des droits humains en les documentant. « Le régime a coupé les communications internet, elles sont extrêmement aléatoires depuis le début de cette guerre, comme cela avait été le cas lors du soulèvement de janvier« , explique Mahan Taraj.

« Nous, nous avons des liens clandestins avec des Iraniennes et des Iraniens« , précise-t-elle, ajoutant qu’elle parvient encore à récolter et partager des informations sur l’évolution de la situation en utilisant ce réseau.

Des forces de sécurité iraniennes déployées à Téhéran, Iran. Le 12 mars 2026. © Capture d’écran Reuters

Le régime iranien « est en mode survie« 

Selon cette militante, le régime iranien serait « dans une impasse et extrêmement affaibli. Le régime est en mode survie« . Elle estime que les détenteurs du pouvoir savent que « le prochain soulèvement populaire peut entraîner sa chute et son renversement« .

Pour elle, la réaction des autorités iraniennes aujourd’hui s’expliquerait en partie par cette dynamique. « Les mesures d’intensification de la répression visent à empêcher ce prochain soulèvement.« 

Les images qui parviennent d’Iran, prises par les agences de presse internationales encore présentes sur place, montrent des forces de sécurité très visibles et déployées à Téhéran.

Mahan Taraj confirme que, selon ses informations : « Il y a un déploiement massif des organes de répression en Iran. » Ces forces se trouvent « sur des axes principaux, des carrefours, des ronds-points importants. Il y a des véhicules avec des milices équipées de mitrailleuses pour instaurer un climat de peur et de terreur auprès de la population. Ces unités de répression circulent aussi à moto dans les villes, en scandant des slogans pro-régime pour être remarquées.« 

Le chef de la police iranienne Ahmad-Reza Rada, le 10 mars 2026. © Agence Wana via Reuters

Donald Trump : un renversement « probable« , mais « peut-être pas immédiatement« 

Dans ce contexte, la possibilité d’un renversement du régime est-elle envisageable ? Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a abordé ce sujet vendredi lors d’une interview sur Fox News.

Il considère qu’un renversement du pouvoir par le peuple en Iran se produira « probablement« , mais « peut-être pas immédiatement« .

« Quand ils se baladent avec des mitrailleuses, tirent à vue et annoncent « tous ceux qui manifestent, nous allons vous avoir dans les rues », c’est un obstacle majeur pour ceux qui n’ont pas d’armes« , a-t-il ajouté.

En janvier dernier, Donald Trump avait encouragé les manifestants iraniens dans les rues à demander un changement de régime, les incitant à prendre « le contrôle de leurs institutions« . Il avait également mentionné que l’aide américaine était alors « en route« .

Lors de la même interview, le président américain a aussi affirmé que les États-Unis allaient frapper l’Iran « très fort au cours de la semaine prochaine« .