Interdiction de nombreux véhicules à Bruxelles dès le 1er janvier 2026.
La LEZ de Bruxelles interdira la circulation des véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 à partir du 1er janvier 2026, suite à une décision de la Cour constitutionnelle. En janvier, 400.000 véhicules seront interdits d’entrer à Bruxelles, sous peine d’une amende de 350 €.
Retour au plan initial. La LEZ (zone à faibles émissions) de Bruxelles interdira effectivement la circulation des véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 dans la capitale à partir du 1er janvier 2026. Cette décision fait suite à un retour en arrière prononcé par la Cour constitutionnelle. La zone à faibles émissions a été instaurée en 2018 pour diminuer la pollution de l’air causée par les gaz d’échappement, visant à exclure progressivement les véhicules les plus polluants.
En janvier, 400 000 véhicules seront donc interdits d’entrée à Bruxelles, selon la Fédération de l’automobile (Febiac), sous peine d’une amende de 350 €. Pendant une période de transition de trois mois à compter de 2026, les infractions seront uniquement sanctionnées par un avertissement.
### Une zone à basses émissions, pour quoi faire ?
« C’est une solution pour la qualité de l’air et pour la santé des citoyens. La pollution tue prématurément plus de 4000 personnes par an en Belgique », déclare Pascale Hourman, porte-parole de Bruxelles Environnement, qui gère la LEZ. Selon les données de l’institution publique, cette zone a déjà permis de réduire les niveaux de polluants dans l’air de « 55% pour l’oxyde d’azote, de 33% pour les particules fines, et de 60% pour le black carbone ».
Cependant, cet objectif louable fait face à une opposition importante de la part des usagers, qui considèrent que l’interdiction de circuler constitue une véritable contrainte au quotidien. Bernard, interrogé par Matin Première, déclare : « J’ai un véhicule hybride, qui n’est pas autorisé dans la LEZ. Je vais devoir utiliser la voiture à essence de ma femme, c’est absurde ». De son côté, Étienne s’interroge sur la légitimité de la taxe de circulation : « D’un point de vue juridique, en quoi cette taxe reste-t-elle intégralement due, alors que mon droit à la circulation est amputé ? ».
Néanmoins, certains Bruxellois saluent une « mesure courageuse » et constatent la diminution de « l’odeur de diesel dans la rue ». Ces échanges illustrent les fractures dans les habitudes de mobilité et la difficulté pour la zone à faibles émissions de trouver sa légitimité.
### Quelles aides à la mobilité sont prévues ?
Pour les TPE-PME bruxelloises :
Pour les citoyens bruxellois :
– Prime mobilité Bruxell’Air de 500 à 1100 € selon les revenus pour soutenir la transition vers des alternatives de mobilité à la voiture (transports en commun, vélos, voitures partagées, etc.).
Pour les non-Bruxellois :
Pour plus d’informations, il est possible de vérifier via ce lien si votre véhicule est autorisé à circuler en Région bruxelloise.
### Des obstacles vers une mobilité plus verte
« On va retirer la possibilité de rentrer dans Bruxelles à un grand nombre de véhicules qui sont en parfait état de circulation », souligne Olivier Mauen, porte-parole du Syndicat neutre des indépendants (SNI). « Pour les petits indépendants, le coût de changement de véhicule est énorme. Beaucoup souhaiteraient le faire, mais il faut compter 80 000 € pour une camionnette électrique, sans compter son aménagement pour leurs besoins professionnels ». Il craint que cela entraîne de nombreux indépendants venant de la province à ne plus se rendre à Bruxelles pour travailler. Selon lui, les aides existantes sont insuffisantes et principalement destinées aux Bruxellois.
Claire Pelgrims, chercheuse en urbanisme et mobilité à l’ULB, met également en avant le caractère bruxello-centré de la LEZ : « Le problème, c’est le manque d’alignement entre toutes les régions, sur les taxes de mise en circulation et sur ces ambitions-là. Ça pose problème pour les gens qui n’habitent pas à Bruxelles mais y travaillent ». En 2022, 403 000 Flamands et Wallons faisaient la navette vers la capitale.
La chercheuse insiste sur la nécessité de solutions alternatives à la voiture : « L’offre de transports en commun est plutôt bonne avec la périphérie proche. Le problème c’est surtout l’amplitude des horaires », qui ne sont pas encore adaptés aux travailleurs de l’aube ou ceux de nuit.
Il est également essentiel d’améliorer la sensibilisation des citoyens concernant la pollution de l’air. Bien que Pascale Hourman observe que « la mobilité n’est plus celle d’il y a dix ans, il y a des vélos partout maintenant », ce constat semble s’appliquer surtout aux grandes villes comme Bruxelles, d’après Claire Pelgrims : « Il y a une conscience plus forte des problématiques liées à l’environnement dans les capitales, où la pollution se concentre ». Des défis à surmonter d’ici mars 2026, avant la fin de la période de tolérance.
► Écoutez l’intégralité de ce débat dans le podcast de Matin Première ci-dessus.

