Interdiction d’acheter un ticket de train à bord dès le 1er juillet : « une faute morale » pour Navetteurs.be
Dès le 1er juillet, toute personne ne pouvant présenter de titre de transport valable recevra un QR code pour se régulariser dans les deux semaines. Selon l’association Navetteurs.be, « 15 points d’arrêt, dont 12 en Région Wallonne, sont actuellement dépourvus d’automates ».
Oups, vous êtes en retard ? Pour ne pas manquer votre train, avez-vous décidé de sauter l’étape « achat de ticket en gare » ? Jusqu’à présent, vous aviez la possibilité de racheter votre titre de transport à bord, moyennant un supplément de neuf euros.
Cependant, à partir du 1er juillet, cette option sera supprimée.
Concrètement, à partir de cette date, toute personne sans titre de transport valable recevra un QR code lui permettant de se régulariser dans les deux semaines suivantes. Cela lui donnera la possibilité de prouver qu’elle avait bien un titre valide au moment du contrôle. Si elle ne peut présenter de justificatif, elle devra payer une amende de 90 euros. Passé le délai de deux semaines, l’infraction sera passible d’une amende administrative de 250 euros, pouvant atteindre 500 euros en cas de récidive.
La SNCB indique qu’elle s’aligne sur les pratiques de nombreux pays européens où il n’est plus possible d’acheter son ticket dans le train.
### Protéger les contrôleurs et contrôleuses
Avec cette décision, la SNCB souhaite garantir la sécurité de ses accompagnateurs de trains.
« En 2025, 2602 cas d’agressions ont été recensés à l’encontre du personnel de la SNCB, contre 2103 l’année précédente. Plus de quatre agressions sur dix impliquaient l’an dernier de la violence physique. Grâce à la fin de la vente à bord, les accompagnateurs de train pourront se concentrer sur leurs missions essentielles : assurer un voyage dans les meilleures conditions de sécurité et veiller à l’information, au contrôle et à l’accompagnement des voyageurs », explique la SNCB.
### Lutter contre la fraude
Mettre fin à la vente de tickets à bord des trains est également une manière de lutter contre la fraude, affirme la SNCB. Chaque année, la compagnie perd des dizaines de millions d’euros à cause de la fraude. La lutte contre ce phénomène est une priorité pour l’entreprise, qui souligne avoir augmenté ses contrôles de 50% l’an dernier.
### « Humiliant pour les usagers de bonne foi »
L’association représentant les voyageurs en région wallonne, Navetteurs.be, qualifie de « profondément scandaleuse » la décision de la SNCB, la considérant comme une « faute morale ».
Selon elle, la suppression de la vente à bord mettra sur un même pied d’égalité ceux qui ne veulent pas payer et ceux qui ne le peuvent pas, parfois à cause des conditions de la SNCB elle-même.
L’association rappelle dans un communiqué que « 15 points d’arrêt, dont 12 en Région Wallonne, sont actuellement dépourvus d’automates ». Cela pourrait amener des voyageurs non abonnés et sans smartphone à se retrouver avec une amende. Duncan Smith, vice-président de Navetteurs.be, ajoute : « C’est humiliant pour les usagers de bonne foi ! »
Navetteurs.be déplore également « le passage en force de la SNCB sur cette question, ainsi que son mépris croissant envers les mécanismes consultatifs, certes non contraignants, prévus par la loi ».
### Interrogation sur la « procédure suivie »
La CGSP Cheminots/ACOD a exprimé, dans un communiqué, ses interrogations concernant la « procédure suivie » par la SNCB. « Nous constatons en effet que l’analyse de risques est toujours en cours, alors même que certaines décisions semblent avoir déjà été actées. Or, cette analyse doit être présentée dans les instances compétentes en matière de bien-être au travail, et les mesures de prévention qui en découlent doivent faire l’objet de discussions au sein des comités PPT », a déclaré le syndicat socialiste. Ce dernier attend que « cette analyse démontre, de manière objective, que les mesures envisagées contribueront effectivement à réduire les agressions ».
Selon le syndicat, un autre facteur a influencé la décision de supprimer la vente de billets à bord. La SNCB devait choisir entre supprimer cette vente ou réintroduire le paiement en espèces. La compagnie ferroviaire a confirmé avoir reçu une dérogation du Service public fédéral (SPF) Économie concernant l’obligation d’accepter les espèces, exemptant ainsi les accompagnateurs de transporter de l’argent liquide. Cette dérogation expire fin juillet. « Cela a peut-être influencé le calendrier, mais pas la décision elle-même de supprimer la vente de billets à bord », a déclaré Dimitri Temmerman, porte-parole de la SNCB.

