Belgique

Incendie de Crans-Montana : Rozerin, 18 ans, hospitalisée à Liège

Rozerin a été transférée au centre des brûlés du CHU de Liège après avoir souffert de brûlures au visage et aux mains lors de l’incendie survenu dans la nuit du réveillon à Crans-Montana, en Suisse. Son état reste critique et elle est toujours plongée dans un coma artificiel.


Vendredi dernier, Rozerin a été transférée au centre des brûlés du CHU de Liège. Elle était victime de l’incendie survenu lors de la nuit du réveillon à Crans-Montana, en Suisse, et souffre de brûlures au visage et aux mains. Son état demeure critique.

Son père, Huseyin, est constamment à ses côtés. Il s’accroche à chaque signe d’amélioration. « Elle veut rester avec nous. Ça va mieux. On attend. Elle a besoin de nous. On a besoin d’elle aussi. Elle a un petit frère de trois ans. Elle veut rester en vie. »

Dans la chambre d’hôpital, Huseyin ne quitte pas sa fille. Même s’il ignore si elle l’entend, il lui parle. Il considère cette présence essentielle à sa survie. « Je parle tout le temps avec ma fille. Elle m’entend ou pas, je ne sais pas. Je lui parle tout le temps. Je suis à côté de ma fille jusqu’à ce qu’elle aille bien. Je reste avec elle. »

Le soir du drame, Rozerin était au bar Le Constellation. À la demande des patrons, elle avait pour mission de réaliser des vidéos pour les réseaux sociaux. Une tâche anodine qui a pris une tournure tragique avec le déclenchement de l’incendie.

Le gérant du bar a depuis été placé en détention préventive en Suisse, mais le père de Rozerin ne souhaite pas s’attarder sur cette polémique. Pour l’instant, une seule chose importe. « J’ai beaucoup de questions pour les propriétaires du bar, pour la commune, pour le commerce, mais ce sera pour plus tard. Je suis concentré sur ma fille. » Huseyin ne s’attend plus à aucun geste. « C’est trop tard. »

Au-delà des brûlures visibles, les médecins s’inquiètent surtout des conséquences de l’inhalation de fumées toxiques. Le pronostic vital de Rozerin reste engagé, notamment à cause de graves complications respiratoires.

Le Dr Jean-Philippe Fauville, anesthésiste intensiviste au centre des brûlés du CHU de Liège, évoque les risques : « L’inhalation des particules de suie va entraîner des dépôts de suie qui risquent d’éroder les bronches, d’ulcérer les bronches, d’entraîner des dégâts respiratoires. Et également, ces dépôts de suie peuvent entraîner des bouchons. Si on n’enlève pas ces bouchons par fibroscopie, par exemple, on peut avoir un risque d’infection, ce qui est souvent le cas d’ailleurs chez ce genre de patients. »

Rozerin a déjà subi une première intervention chirurgicale aux mains. Une nouvelle opération est programmée pour ce mercredi. Les soins s’annoncent longs, complexes et éprouvants, tant physiquement que psychologiquement.

Rozerin continue son combat pour la vie à Liège, entourée de son père, loin de chez elle.