« Il serait légitime que la Belgique ait un astronaute ce mercredi »

« Le processus est géré de façon autonome par l’ESA, mais la Belgique ne doit pas avoir peur de ses ambitions : il serait légitime qu’elle ait un astronaute », a indiqué lundi M. Dermine (PS).

La Belgique était très bien représentée dans le pool de candidats (plus de 1.000 aspirants) et, selon les dernières informations connues, au moins un Belge restait en course dans la procédure de sélection, selon le secrétaire d’État.

C’est ce mercredi, en milieu d’après-midi, que l’Agence doit annoncer la nouvelle cohorte de quatre à six spationautes, dans la foulée de l’adoption de son budget.

« Ce serait un excellent signal pour le secteur spatial en Belgique et une incroyable façon de promouvoir les sciences en Belgique, notamment auprès des jeunes », souligne Thomas Dermine.

Cinquième contributrice au budget de l’ESA, la Belgique a envoyé jusqu’à présent deux astronautes dans l’espace: Dirk Frimout (mars-avril 1992) et Frank De Winne (octobre-novembre 2002 et mai-décembre 2009).

Cette semaine, l’Agence devra aussi décider de ses futurs investissements, qu’elle souhaite accélérer pour maintenir un rang international fragilisé par l’invasion russe de l’Ukraine, faire face à la féroce compétition sur le marché des lancements, aux menaces cybersécuritaires et aux phénomènes extrêmes liés au réchauffement climatique (Corpernicus, notamment).

L’ESA va donc demander à ses 22 États membres une contribution globale de 18,7 milliards d’euros pour financer ses nouveaux programmes sur les trois prochaines années. Une nette hausse par rapport aux 14,5 milliards d’euros votés lors de la précédente réunion ministérielle, en 2019.

La Belgique a déjà décidé d’accompagner ce mouvement. Confirmant une décision du conclave budgétaire d’automne, le gouvernement a validé ce vendredi une augmentation pour la politique spatiale de quelque 50 millions d’euros par an sur les cinq prochaines années, passant à 325 millions d’euros par an, dont 305 millions pour les seuls projets initiés par l’Agence spatiale européenne (ESA).

L’enveloppe spatiale belge comprend une contribution à des organisations intergouvernementales (satellites météo Eumetsat, observatoire européen austral ESO), des cofinancements d’activités de l’UE et des initiatives nationales.

Ces investissements génèrent de solides retombées, selon le cabinet Dermine, qui cite une augmentation de 31% ces dix dernières années du nombre d’emplois équivalents temps plein (ETP) dans le domaine de l’espace (3.620 ETP en 2020) et une augmentation du chiffre d’affaires supplémentaire pour chaque euro financé par l’ESA, de 2,23 euros sur la période 2011-2015 à 3,35 euros en 2016-2020.