Huissiers d’audience : identité et raisons de leur colère.
Il est 8h30 mardi matin au tribunal de Mons, rue de Nimy, où les huissiers d’audience s’activent pour que tout soit prêt pour les audiences du jour. Salvatore Fiore a de plus en plus de mal à recruter de nouveaux huissiers d’audience, déclarant que « nous recevons par heure d’audience 13,95 euros brut ».
Il est 8h30 mardi matin au tribunal de Mons, situé rue de Nimy. Les premiers visiteurs commencent à arriver, tandis que les huissiers d’audience s’affairent à préparer les sessions prévues ce jour-là.
« S’il n’y a pas d’huissier d’audience, c’est embêtant pour le greffier ou la greffière qui va devoir assumer nos tâches », explique l’un d’eux.
Parmi ces huissiers, Jean-Marc Gérin, retraité de la défense âgé de près de 60 ans, raconte : « Dès que j’ai été à la retraite, j’ai cherché une occupation, car mon épouse travaille toujours. J’ai découvert la possibilité de devenir huissier audiencier et cela fait maintenant trois ans que je le fais. Mon travail consiste à préparer les dossiers que le greffier a mis au point et à les numériser. Je m’occupe également de l’accueil des détenus et prends note des présences, demandant leur carte d’identité, entre autres. Je veille aussi à ce qu’il n’y ait pas de troubles dans les salles d’audience. Je dois parfois intervenir lorsque certaines personnes auditionnées s’énervent ou ne se lèvent pas quand c’est nécessaire. En l’absence d’un huissier, cela crée des complications pour le greffier et le juge doit se déplacer pour accéder au dossier. En résumé, cela entraîne une perte de temps. Nous sommes là pour que tout se passe plus vite et correctement », conclut Jean-Marc.
À la tête des huissiers d’audience, Salvatore Fiore, responsable des huissiers audienciers au tribunal de première instance de Mons, souligne : « Nous sommes les personnes au plus bas de l’échelle de la justice, mais nous avons notre importance. La justice ressemble à un grand engrenage, et tous les engrenages ont besoin d’huile. Nous, les huissiers d’audience, sommes cette goutte d’huile nécessaire. »
Malgré l’importance de leur rôle dans le système judiciaire, Salvatore Fiore éprouve de plus en plus de difficultés à attirer de nouveaux huissiers d’audience. « Nous sommes rémunérés à hauteur de 13,95 euros brut par heure d’audience. Ce montant s’ajoute à notre pension, ce qui modifie notre plafond de taxation. Par exemple : en 2024, j’ai gagné 5 290 euros dans l’année et j’ai payé 2 420 euros de contributions, alors qu’auparavant, j’étais remboursé de mes contributions. Au final, nous finirons par devoir payer pour travailler, alors que les postes d’huissiers d’audience sont surtout destinés aux retraités en quête d’occupation ou souhaitant poursuivre une activité. »
Les huissiers d’audience sont considérés comme des employés, mais ne peuvent travailler que quelques heures par jour, soit 4 heures à Mons. Cette situation complique le recrutement. « Depuis quelques années, le statut de Flexi Job a été introduit pour permettre aux retraités de continuer à travailler avec un faible niveau d’imposition. Cependant, les huissiers d’audience n’ont pas accès à ce statut, qui pourrait pourtant nous permettre d’augmenter notre rémunération, jusqu’à 18 000 euros par an, et d’allonger notre temps de travail, rendant ainsi la fonction plus attractive », affirme Salvatore Fiore.
Pour exprimer leur mécontentement, les huissiers audienciers de Mons prévoient une manifestation avec les bras croisés le vendredi 30 janvier. D’autres collègues dans différents tribunaux du pays pourraient les rejoindre. Leur absence pourrait bien illustrer l’importance de leur fonction au sein du Service public fédéral de la Justice.

