Belgique

Héberger et témoigner de la précarité : le Samusocial bruxellois expliqué.

Le Samusocial, dirigé par Sarah de Liamchine, accueille chaque jour 2000 personnes, dont 500 enfants, et ne peut pas héberger tout le monde en raison d’un manque de places. La directrice souligne que l’organisation héberge le plus de familles en Belgique et doit quotidiennement refuser des personnes, faute de place.

Le Samusocial a pour mission d’accueillir les personnes les plus vulnérables et de les accompagner lorsqu’elles vivent et dorment dans la rue. Sarah de Liamchine, directrice générale, explique : « Ce n’est pas simplement ouvrir un bâtiment et mettre des gens dans des lits. » L’organisation propose en effet un hébergement ainsi qu’un soutien pour aider les bénéficiaires à sortir de la rue.

Témoigner de la précarité

Sarah de Liamchine ajoute : « Le plus grand défi du Samusocial est de ‘mettre les gens à l’abri, mais pas à l’abri du regard’. Cela signifie que nous devons offrir un hébergement dans des conditions dignes tout en alertant les autorités et le grand public sur les raisons qui poussent ces personnes à vivre dans la rue. » La mission de l’organisation est donc double : offrir un hébergement tout en sensibilisant sur la précarité et la réalité des personnes abritées au Samusocial.

Nous hébergeons le plus de familles en Belgique

Que ce soit durant l’été ou l’hiver, de nombreuses personnes passent par les installations du Samusocial à Bruxelles. Sa directrice le confirme avec des chiffres : « Chaque jour, nous accueillons 2000 personnes, dont certaines sont en attente d’un statut de régularisation, mais aussi des familles, des hommes seuls, des femmes seules et parmi ces 2000 personnes, nous hébergeons chaque jour 500 enfants. » La campagne actuelle de sensibilisation du Samusocial cible d’ailleurs les enfants, car une personne sur quatre hébergée est un enfant. C’est une réalité tragique mais quotidienne dans les rues de la capitale européenne.

Inspiration parisienne

Le premier Samu social a été lancé à Paris en 1993. À Bruxelles, le Samusocial existe depuis plus de 25 ans. Depuis sa création, beaucoup de choses ont changé. Aujourd’hui, le Samusocial bruxellois comprend 15 dispositifs, dont 13 centres. Chaque jour, ces centres sont complets, été comme hiver.

Des refus quotidiens

La directrice souligne : « Au Samu social, on ne se demande pas ‘est-ce qu’on va refuser des gens ?’. La question est ‘qui allons-nous refuser ?’ » Elle précise : « Nous essayons d’établir des critères. Nous sommes l’organisation qui héberge le plus de familles en Belgique. Nous faisons également en sorte de protéger les femmes qui fuient des violences domestiques. » Elle conclut en affirmant : « Mais oui, c’est vrai, chaque jour, nous devons refuser des personnes, faute de place. »