Hausse des prix des carburants : solutions pour consommer moins.
Le prix du diesel a atteint 2,289€/litre ce week-end, un record depuis 2008. L’Agence internationale de l’énergie propose d’encourager la marche, le vélo, le covoiturage et l’utilisation des transports en commun pour réduire la consommation de carburant.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix de l’énergie continuent d’augmenter, suscitant des inquiétudes chez les consommateurs : jusqu’à quand cela va-t-il durer et quel sera le coût pour moi ?
Il est difficile de répondre à la première question, car aucun des acteurs du conflit ne peut prédire la fin de la crise. En conséquence, le coût pour les ménages est également compliqué à évaluer, car il dépend en grande partie de la durée de la guerre.
Ce week-end, le prix du diesel a atteint 2,289€/litre, un niveau record depuis 2008. Face à cette flambée des prix de l’énergie, beaucoup attendent une réaction du gouvernement. Plusieurs options sont envisagées, mais pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée. Bart de Wever et son équipe se sont limités à créer un groupe de travail. Il semble donc qu’il faille s’armer de patience !
Cependant, il est possible de réfléchir à des solutions pour réduire l’impact de cette hausse sur nos vies et nos finances. Voici un tour d’horizon des mesures qui pourraient vous aider à diminuer l’effet de l’augmentation des prix du carburant sur votre budget.
### Pour consommer moins, il faut rouler moins
Parmi les suggestions visant à réduire la consommation de carburant, le télétravail se distingue. Il avait connu un grand succès pendant la crise COVID, permettant d’éviter les risques de contamination tout en maintenant l’activité des entreprises lors des confinements. Mais aujourd’hui, l’argument sanitaire est remplacé par des considérations économiques : travailler de chez soi permet d’éviter les trajets en voiture et, par conséquent, d’économiser du carburant.
Certains plaident même pour que le télétravail devienne obligatoire lorsque cela est possible, même si des secteurs nécessitent des déplacements. Les frais sont parfois pris en charge par l’employeur, mais ce n’est pas toujours le cas, notamment pour les indépendants qui ne peuvent pas transférer ces coûts à leurs clients. Le télétravail a ses limites, mais son utilisation pourrait redevenir courante après une période de déclin post-COVID.
D’autres recommandations de l’Agence internationale de l’énergie incluent la promotion de la marche, du vélo, du covoiturage et des transports en commun, ainsi que l’organisation d’une circulation alternée dans les grandes villes, ce qui pourrait contribuer à réduire les embouteillages et donc la consommation de carburant.
### Comment conduire de manière plus économique ?
Tous les travailleurs ne peuvent pas faire le trajet domicile-travail à vélo ou en transport en commun. La voiture reste parfois indispensable. Dans ce cas, l’AIE recommande d’adopter un style de conduite plus efficace et économe en énergie. Mais comment y parvenir ?
La première recommandation est de réduire sa vitesse. En abaissant sa vitesse d’au moins 10 km/h sur autoroute, on peut économiser plus de carburant que ce que l’on perd en vitesse. Il peut donc être judicieux de limiter sa vitesse à 100 km/h, comme cela était conseillé durant la crise pétrolière de 1973.
La vitesse n’est pas le seul paramètre impactant la consommation de carburant. Rodolphe Koentges, moniteur pour « Go for Safe Driving », propose des formations d’écoconduite depuis vingt ans. Il insiste sur l’importance de l’anticipation : « Il faut anticiper le trafic et ne pas le subir. Concrètement, je regarde le plus attentivement possible ce qui se passe autour de moi pour adapter ma vitesse et rouler de manière fluide et confortable. Par exemple, il faut éviter de tourner le volant inutilement. Quand je tourne, je freine sur mes pneus, donc il est préférable d’éviter les variations superflues. »
Un bon exemple d’anticipation est l’approche des feux tricolores : « Si je vois que le feu est rouge ou que j’estime qu’il va le devenir, comme pour tout obstacle, je cesse d’accélérer et j’adopte un freinage doux, ce qui me permet de ne pas consommer. Pour des raisons de sécurité, je garde mon pied devant la pédale de frein pour être prêt à freiner si nécessaire. Cependant, je ne dois jamais appuyer sur l’embrayage et me mettre au point mort, car cela continuerait à consommer du carburant. »
### Utiliser le point mort pour consommer moins, la fausse bonne idée
Lors de ces cours d’écoconduite, Rodolphe Koentges doit contrer l’idée reçue que le point mort est une méthode pour réduire la consommation : « Au point mort, vous pensez peut-être diminuer votre consommation, mais ce n’est pas le cas, et vous pouvez même l’augmenter. La règle est simple : moins vous appuyez sur l’embrayage, moins vous êtes au point mort et moins vous consommez. En revanche, en levant le pied tout en conservant une vitesse, ce sont les roues qui font tourner le moteur et vous consommez moins. De plus, vous bénéficiez du frein moteur qui vous ralentit sans avoir à freiner. À ce moment-là, votre consommation est à zéro. »
Cette assertion est d’autant plus vraie lors de descentes : « Si je suis au point mort, je prends de la vitesse et je me mets en danger. Il n’y a rien de plus dangereux que de rouler au point mort en descente. Pour ralentir et m’arrêter, je ne peux compter que sur mes freins. En revanche, en maintenant la vitesse, j’ai le frein moteur. »
Que faire si votre voiture est équipée du Start-Stop ? Le moniteur, toujours critique envers l’usage du point mort, répond : « Si je suis à un feu, je dois évidemment retirer le pied de l’embrayage. C’est en levant le pied que le Start-Stop sera activé pour arrêter le moteur. Si je garde mon pied sur l’embrayage, le moteur ne s’arrêtera pas et je continuerai à consommer inutilement. »
Concernant l’ordre des vitesses, Rodolphe explique : « Si je suis en 5ème et que je veux rétrograder, par exemple, face à un feu ou un bouchon, je n’ai pas besoin de rétrograder étape par étape. Je peux sauter des vitesses, par exemple passer de la 5ème directement à la 3ème ou à la 2ème. Mais il faut bien avoir anticipé pour pouvoir lever le pied à temps. Si je repère un feu rouge à 100 mètres et que je vois que les voitures devant moi freinent, je lève le pied, ma voiture va naturellement décélérer et cela me permettra de rétrograder. Chaque fois que je peux sauter une vitesse et agir de manière fluide, j’améliore ma consommation. »
### Les petits trucs du moniteur pour réduire sa consommation de carburant
Il n’y a pas que la vitesse et l’anticipation qui permettent d’économiser de l’essence ou du diesel. La distance compte également : « Respecter une certaine distance permet d’anticiper et donc de réagir calmement. Si je colle la voiture devant moi, je dépends de sa conduite. Si elle freine brusquement, je serai contraint d’en faire de même, peut-être sans raison. En restant à 30 mètres derrière, je peux réagir calmement, même si le conducteur devant moi ne prend pas d’initiatives. »
Adopter une conduite économique ne signifie pas négliger l’accélérateur. Le moniteur insiste sur le fait qu’il faut savoir accélérer au bon moment : « Pour lancer efficacement sa voiture, il faut accepter de consommer un peu au début, plutôt que d’augmenter le rythme lentement tout en consommant en continu. »
En somme, une conduite écoresponsable s’apparente à l’utilisation d’un vélo : « On accélére vigoureusement, puis on se laisse porter. C’est pareil avec la voiture, on accélère, puis on laisse la voiture rouler, exploitant ainsi son inertie. Pendant ce temps, je ne touche pas à l’accélérateur, et je fais de la distance gratuitement. »
Les chiffres confirment cela : « Au départ, on constate que je consomme presque 25 litres à peine, à 25 km/h. Quand j’atteins ma vitesse de croisière et que je lève le pied, ma consommation tombe quasiment à zéro. »
Derniers conseils : alléger sa voiture et maintenir une vitesse constante et inférieure lors des longs trajets permet également de faire la différence. En milieu urbain, il convient de limiter les à-coups et les freinages brusques qui nécessitent de réaccélérer, tout en étant responsables vis-à-vis des particules fines libérées dans l’air.
Une conduite économique pourrait également être bénéfique sur le plan écologique, explique Rodolphe Koentges : « En ralentissant, on évite de freiner. Selon moi, on pollue davantage en freinant qu’en accélérant, car cela libère de la poussière de frein dans l’air, ce qui peut avoir des conséquences sur notre santé. »
En résumé, adopter une conduite mesurée est nuisible non seulement pour l’environnement, mais aussi pour la santé et le budget.

