Belgique

Hausse de la TVA : les salles de sport cherchent des solutions.

À partir du mois de mars, la TVA pour les abonnements sportifs passera de 6 à 12%. Olivier Buttiens estime ses pertes à 20.000 euros s’il ne répercute pas cette hausse sur le prix de l’abonnement de ses clients.

« Cette année, c’est décidé, je me remets au sport ! » Qui n’a jamais entendu cette bonne résolution entre Noël et le Nouvel An ? Le passage à la nouvelle année est souvent propice au renouvellement des abonnements dans les salles de sport et clubs de fitness.

Cette année ne sera probablement pas différente, surtout suite à la récente décision du gouvernement d’augmenter la TVA sur les abonnements sportifs. Effectivement, à partir de mars, la TVA appliquée aux accès aux clubs sportifs passera de 6 à 12% dans le but d’accroître les recettes fédérales.

Les gérants de clubs ont donc un peu plus de deux mois pour persuader leurs clients de renouveler ou de signer un abonnement avant l’augmentation de la taxe. Certaines salles mettent d’ailleurs en place des solutions plutôt originales.

Un abonnement sur trois ans pour éviter la hausse prévue

Une salle d’escalade à Bruxelles propose un abonnement « by-pass Arizona ». Afin d’éviter la hausse de la TVA, les dirigeants de la salle ont développé une formule d’abonnement sur trois ans avec un taux de TVA maintenu à 6% au lieu du futur 12%. « Nous en avons déjà vendu quelques-uns à nos clients réguliers« , indique un employé du club. « C’est avantageux pour tout le monde. »

Ce type d’abonnement, qui nécessite de régler trois ans d’accès d’un seul coup, cible principalement les passionnés, sûrs de vouloir poursuivre leur activité sportive de manière régulière durant les années à venir. Cette offre innovante illustre également l’inquiétude du secteur face aux implications de cette augmentation.

Jérémy Vanbergen, propriétaire d’une salle de CrossFit à Waremme, exprime ses préoccupations face aux effets de l’augmentation de la TVA sur son établissement. « La première conséquence sera une baisse directe de notre chiffre d’affaires que nous devrons peut-être répercuter sur les clients. »

Son inquiétude va au-delà de la santé financière de son entreprise. « À long terme, est-ce vraiment une bonne stratégie pour la santé des citoyens ?« , se questionne Jérémy Vanbergen. « Je ne suis pas décisionnaire, mais cela semble incohérent. »

Une pétition lancée par des gérants de clubs en Wallonie

Olivier Buttiens, gérant d’une salle de sport à Chénée, partage ces préoccupations. « C’est un non-sens. On encourage à prendre soin de sa santé pour éviter des dépenses médicales, et on nous impose là une taxation accrue. » Olivier Buttiens s’est associé à d’autres responsables de clubs en Wallonie pour lancer une pétition. « Nous ne savons pas si cela mènera à quelque chose, mais nous ne resterons pas inactifs. Le passage de 6 à 12 % représente des frais considérables. » Il évalue ses pertes potentielles à 20 000 euros s’il ne répercute pas cette augmentation sur le coût des abonnements.

La pétition, demandant un retour à l’ancienne TVA, est affichée dans les vestiaires de sa salle. « Si nous augmentons les prix, nous perdrons probablement des clients. Si nous ne les augmentons pas, ce sera des pertes pour nous« , regrette Olivier Buttiens, qui réfléchit à la meilleure solution pour son club.