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Guerre au Moyen-Orient : Trump ne veut pas de cessez-le-feu

Mojtaba Khamenei a proclamé la victoire sur les ennemis de la République islamique dans la guerre contre les Etats-Unis et Israël dans un message écrit pour le Nouvel an persan, Norouz. Le prix du baril de Brent a reculé de 2,55% à 105,88 dollars vers 03h40 (heure belge) après les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou sur la fin imminente de la guerre avec l’Iran.


Le nouvel guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a annoncé vendredi la victoire sur les ennemis de la République islamique dans la guerre contre les États-Unis et Israël, par le biais d’un message écrit à l’occasion du Nouvel An persan, Norouz.

« En ce moment, grâce à l’unité exceptionnelle qui existe entre vous, nos compatriotes, malgré vos différences d’origines religieuses, intellectuelles, culturelles et politiques, l’ennemi a été vaincu« , a déclaré l’ayatollah, qui ne s’est pas encore montré en public depuis sa désignation pour succéder à son père, Ali Khamenei, tué lors d’une frappe aérienne au premier jour de la guerre.

De son côté, Donald Trump a affirmé « que tout se passe très bien en Iran » et a considéré que le combat militaire était gagné, excluant même un cessez-le-feu : « Vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l’adversaire« , a-t-il déclaré ce vendredi en quittant la Maison Blanche pour la Floride.

Le prix du pétrole recule

Le prix du pétrole a chuté vendredi de plus de 2% après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a affirmé que la guerre avec l’Iran se terminerait « plus vite » que prévu. Le baril de Brent, référence internationale, a perdu 2,55%, se négociant à 105,88 dollars vers 03h40 (heure belge).

Il avait atteint 120 dollars la veille, avant de réduire considérablement sa hausse. Son équivalent américain, le baril de WTI, a reculé de 2,46% à 93,20 dollars vendredi. « Les déclarations de Netanyahu ont apaisé les marchés« , a noté Stephen Innes de SPI Asset Management.

Les inquiétudes étaient liées aux frappes israéliennes sur South Pars, le principal gisement gazier iranien. En réponse, l’Iran a endommagé la principale installation de liquéfaction du gaz au Qatar, réduisant sa capacité d’exportation de GNL de 17%.

Le président américain a déclaré avoir contacté Benjamin Netanyahou pour qu’il mette fin à ces actions.

Les marchés boursiers asiatiques ont reflété cette incertitude vendredi, les investisseurs restant anxieux dans l’attente de développements positifs dans ce conflit qui approche de sa quatrième semaine.

En cas d’arrêt des hostilités, six pays se sont déclarés prêts à contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz.

Des déclarations rassurantes ont eu lieu, bien qu’il y ait eu de nouvelles frappes cette nuit sur les pays du Golfe et sur Israël. Un incendie a été signalé dans une raffinerie au Koweït suite à des attaques de drones iraniens.

Nous vous proposons de suivre minute par minute l’évolution de la situation de cette guerre au Moyen-Orient dans le direct ci-dessous.

Dans un entretien accordé à Politico, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il existait des « motifs raisonnables » de croire que les deux parties du conflit israélo-américain contre l’Iran pourraient avoir commis des crimes de guerre. Guterres a affirmé : « S’il y a des attaques contre l’Iran ou depuis l’Iran contre des infrastructures énergétiques, je pense qu’il existe des motifs raisonnables de penser qu’elles pourraient constituer un crime de guerre. »

Plus tôt cette semaine, l’attaque israélienne contre le vaste gisement gazier iranien de South Pars – partagé avec le Qatar – a déclenché des frappes de représailles iraniennes contre le complexe gazier qatari de Ras Laffan, marquant une escalade majeure du conflit. « Je ne vois aucune différence. Peu importe qui cible des civils. C’est totalement inacceptable« , a-t-il ajouté.

Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré vendredi qu’il travaillait à maintenir son pays à l’écart du conflit élargissant au Moyen-Orient, affirmant que Damas était en accord avec tous les pays de la région. « Nous pesons nos actes avec une extrême prudence et œuvrons à éloigner la Syrie de tout conflit« , a-t-il déclaré après la prière de l’Aïd el-Fitr au palais présidentiel de Damas. Il a ajouté que la Syrie, qui « a toujours été un terrain de conflit (…) au cours des quinze dernières années et avant, est aujourd’hui en accord avec tous les pays du voisinage (…), tout en étant entièrement solidaire des États arabes. »

Alors que l’Iran était l’un des principaux soutiens du pouvoir d’Assad, la coalition islamiste qui a renversé ce dernier est résolument hostile à Téhéran.

L’armée israélienne a annoncé vendredi avoir frappé dans la nuit des « infrastructures du régime syrien » dans le sud de la Syrie, selon un communiqué. « Cette nuit, Tsahal a visé un quartier général et des armes dans des camps militaires du régime syrien dans le sud de la Syrie. Il s’agissait d’une riposte aux événements d’hier (jeudi), où des civils druzes ont été attaqués dans la région de Soueïda », a indiqué l’armée, sans préciser la nature exacte de ces événements.

L’armée israélienne affirme qu’elle « ne permettra pas que les Druzes en Syrie soient pris pour cible et continuera d’agir pour garantir leur protection« . Elle précise également qu’elle « continue de suivre de près l’évolution de la situation dans le sud de la Syrie. »

Les Druzes sont une minorité arabophone professant une foi issue d’un islam hétérodoxe, répartie entre certaines régions de Syrie, du nord d’Israël, du Liban et du plateau du Golan occupé par Israël.