Guerre au Moyen-Orient : Pierre-Frédéric Nyst (UCM) sur 33% des entreprises en péril.
Le prix du gaz européen a continué de flamber ce jeudi 19 mars après des attaques sur des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient. Selon le patron de l’UCM, 33% des entreprises représentées, ayant répondu au questionnaire, se disent vulnérables.
Le prix du gaz en Europe a continué d’augmenter ce jeudi 19 mars suite à des attaques contre des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord, qui sert de référence sur le marché mondial, a dépassé les 113 dollars. À la pompe, le prix du litre de diesel dépasse désormais les 2 euros. Dans ce contexte, l’Union des classes moyennes (UCM) exprime ses inquiétudes pour les indépendants et les petites et moyennes entreprises.
« Nous recevons beaucoup de messages. C’est difficile quand vous allez à la pompe, quand vous remplissez vos véhicules, que ce soit des véhicules de société, des camions, des camionnettes. Vous avez cette pénalité directement du fait qu’aujourd’hui c’est plus cher. Avec la difficulté que vous ne pouvez pas toujours répercuter ça sur vos clients », alerte Pierre-Frédéric Nyst, le président de l’UCM.
« Nous tirons la sonnette d’alarme parce qu’on ne sait pas combien de temps cela va durer », ajoute-t-il.
Selon le dirigeant de l’UCM, le risque de faillite est bien réel pour certaines entreprises : « Selon notre baromètre que nous faisons trimestriellement, aujourd’hui, vous avez 33% des entreprises que nous représentons et qui ont répondu au questionnaire, qui nous disent qu’elles sont vulnérables. Vulnérable, cela veut dire que si les prix continuent à augmenter, l’avenir de l’entreprise est mis en péril. 33% sont vulnérables, et 8% nous disent qu’elles sont proches de la faillite et c’est cela que l’on doit éviter ».
**Bloquer les prix à la pompe**
En 2022, la Russie a envahi l’Ukraine. En conséquence, les marchés de l’énergie ont été perturbés, et les entreprises ont dû faire face à un choc énergétique. Depuis, les sociétés ont modifié leur modèle en s’orientant davantage vers l’électricité. Pierre-Frédéric Nyst reconnaît cependant que certaines « digestions sont beaucoup plus lentes parfois ». Il rappelle également : « On sort aussi d’une crise de Covid. On a eu des entreprises qui ont été fragilisées et pour faire face à un nouveau choc, vous devez reconstituer des réserves, de la trésorerie et vous devez réinvestir. Donc c’est en plein élan que l’on risque d’être à nouveau bloqué ».
Pierre-Frédéric Nyst appelle l’État à agir et demande des mesures urgentes : « Probablement faire comme en Italie : bloquer le prix à la pompe. On peut jouer sur les accises. Et je sais que c’est difficile vu le contexte budgétaire. Et c’est difficile, parce que le gouvernement vient justement d’augmenter aussi ces accises. »
**Modifier temporairement l’indexation automatique des salaires**
Au-delà de mesures urgentes, le président de l’UCM réclame des actions à court, moyen et long terme pour aider les entreprises à passer à l’électrique. Pour protéger les entrepreneurs et les indépendants, Pierre-Frédéric Nyst plaide aussi pour une modification des mécanismes d’indexation automatique des salaires.
Actuellement, le calcul de l’indexation prend en compte le gaz et le mazout de chauffage, mais pas le diesel et l’essence. Le patron de l’UCM souhaiterait temporairement exclure les énergies fossiles de ce calcul pour éviter « la double peine ». Pierre-Frédéric Nyst précise : « Le chef d’entreprise, au moment où il va remplir ses réservoirs, paye une première fois. Puis il paye les salaires. Il paye donc une deuxième fois. Donc cette indexation, aujourd’hui, elle est très lourde, elle est très importante. Nous ne sommes pas pour une remise en cause complète du mécanisme de l’indexation. Mais n’oubliez pas, nous souhaitons que nos entreprises puissent assumer cette indexation des salaires également ».
Le président de l’UCM conclut qu’il n’est cependant pas question de pénaliser le pouvoir d’achat.

