Groenland : l’armée ne doit pas être exclue pour le président américain
Le président américain a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis. Les ministres des Affaires étrangères nordiques ont souligné dans un communiqué commun que les affaires concernant le Danemark et le Groenland devaient être tranchées exclusivement par le Danemark et le Groenland.
Le président américain « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique. Le président et son équipe discutent de plusieurs options pour remplir cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef », a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis à l’AFP.
Ces déclarations de Karoline Leavitt surviennent alors que le Groenland et le gouvernement danois ont sollicité ce mardi des pourparlers rapides avec les États-Unis pour clarifier des « malentendus », suite au renouvellement des revendications de Donald Trump concernant l’annexion de cette île arctique, territoire autonome danois.
Nuuk et Copenhague ont demandé à rencontrer rapidement le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio pour « discuter des déclarations marquantes des États-Unis concernant le Groenland », a partagé sur Facebook la cheffe de la diplomatie groenlandaise, Vivian Motzfeldt. Son homologue danois, Lars Løkke Rasmussen, a précisé que la demande avait été adressée lundi.
Mardi en soirée, le président français Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne pouvait imaginer que les États-Unis « violent la souveraineté danoise ». Plus tôt dans la journée, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni avaient, dans une déclaration conjointe, exprimé leur soutien au Danemark face aux revendications de Donald Trump sur le Groenland.
Le Premier ministre belge Bart De Wever a également témoigné de son soutien mardi soir à l’appel de sa collègue danoise Mette Frederiksen pour le respect mutuel de la souveraineté entre alliés de l’Otan. « L’Occident est plus fort lorsqu’il est uni et coopère, non lorsqu’il se divise », a-t-il indiqué.
Les ministres des Affaires étrangères nordiques ont également souligné dans un communiqué commun que les affaires concernant le Danemark et le Groenland devaient être tranchées exclusivement par le Danemark et le Groenland.
À Paris, où elle a participé à un sommet des alliés de l’Ukraine, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s’est réjouie de cette manifestation de solidarité. « Cela contribue en tout cas à souligner qu’il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark […] mais bien avec l’Europe tout entière », a-t-elle déclaré à la télévision DR. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a également remercié les dirigeants européens pour leur « soutien sans ambiguïté ».
À plusieurs reprises, le Groenland, soutenu par son pays de tutelle, a réaffirmé ne pas être à vendre et décider seul de son avenir.
Ces derniers jours, Donald Trump et son entourage ont maintes fois réitéré, tant à la presse que sur les réseaux sociaux, leur intention de faire passer l’immense île arctique, peuplée de 57.000 habitants, sous drapeau américain.
Le Danemark, incluant le Groenland, étant membre de l’Otan, une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », notamment l’ordre de sécurité mondial établi à la fin de la Seconde guerre mondiale, a estimé la Première ministre danoise.

